Une étude récente révèle que l’exposition simultanée à plusieurs additifs alimentaires augmente le risque de diabète de type 2. Cette recherche, réalisée par l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren-Cress), s’appuie sur les données de la cohorte NutriNet-Santé. Les résultats soulignent l’importance de limiter les aliments ultra-transformés dans notre alimentation.
- Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle réalise étude
- Étude étudie 108 643 adultes sur 7,7 ans
- Cinq mélanges d'additifs liés à une incidence accrue du diabète
- Recommandations renforcées pour limiter aliments ultra-transformés
Des cocktails d’additifs augmentent le risque de diabète
L’exposition conjointe à divers additifs alimentaires est associée à une incidence accrue du diabète de type 2, au-delà des effets individuels des additifs. Cette découverte provient d’une étude menée par l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren-Cress) et publiée dans Plos Medicine
Pour cette recherche, les scientifiques ont analysé les données recueillies auprès de 108 643 adultes, suivis pendant une période moyenne de 7,7 ans, dans le cadre de la cohorte NutriNet-Santé.
Les participants ont indiqué en ligne leurs consommations alimentaires sur au moins deux journées, fournissant ainsi un large éventail d’informations sur leur régime alimentaire.
Cinq mélanges identifiés liés au diabète
Dans l’étude, seuls les additifs consommés par plus de 5% des participants ont été pris en compte pour modéliser les mélanges. Au total, cinq principaux mélanges ont été identifiés comme préoccupants. Deux d’entre eux se sont montrés particulièrement associés à une augmentation du risque de diabète :
-
Le premier mélange comprend des carraghénanes, des amidons modifiés et divers additifs présents dans des produits comme les bouillons et desserts lactés.
-
Le second mélange contient des édulcorants (comme le sucralose) et colorants utilisés principalement dans les boissons édulcorées et sodas.
Une consommation élevée de ces mélanges a montré un lien significatif avec une incidence plus élevée du diabète, indépendamment d’autres facteurs tels que la qualité nutritionnelle générale ou le mode de vie.
Des recommandations renforcées pour éviter les aliments ultra-transformés
Marie Payen de la Garanderie, doctorante à l’Inserm et première autrice des travaux, déclare : « Nos résultats suggèrent que plusieurs additifs emblématiques présents dans nombreux produits sont souvent consommés ensemble ». Ces découvertes soutiennent donc fortement la recommandation actuelle qui préconise la limitation des aliments ultra-transformés. Mathilde Touvier, directrice Eren-Cress précise : « Leur seul intérêt est économique ».
Nouveaux outils pour identifier les aliments ultra-transformés
En juin 2023, une étude menée par Mathilde Touvier a démontré qu’un nouveau système Nutri-Score pouvait aider davantage les consommateurs à identifier efficacement ces produits néfastes. Elle ajoute : « En pratique, les consommateurs n’ont pas accès aux informations nécessaires. Nous militons pour que le Nutri-Score devienne obligatoire ! »
La Commission européenne envisage un logo nutritionnel harmonisé mais ce dernier pourrait ne pas intégrer le modèle français existant.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires sur diverses maladies
Bien que cette étude soit révélatrice, Mathilde Touvier souligne qu’elle ne prouve pas encore définitivement l’existence d’une synergie entre tous ces additifs concernant le risque accru du diabète. D’autres études doivent être menées pour confirmer ces résultats. Des recherches supplémentaires explorent également comment ces cocktails peuvent influencer d’autres conditions telles que les maladies cardiovasculaires ou même certains cancers.
L’étude s’inscrit dans un cadre plus large visant à analyser comment différents types d’additifs affectent également notre microbiote intestinal et nos marqueurs sanguins liés au stress oxydatif.
Qu’est-ce qu’un aliment ultra-transformé ?
Le terme « aliment ultra-transformé » a été introduit par Carlos Augustos Monteiro via son système NOVA qui classe différents types d’aliments selon leur niveau transformationnel allant des ingrédients bruts aux produits industriels contenant divers additifs non essentiels pour la sécurité sanitaire.
