Une récente étude menée par des chercheurs associés à la London School of Economics et l’assureur santé Vitality met des chiffres sur un problème devenu massif. Le manque de sommeil n’est plus une simple gêne quotidienne. Il s’impose comme un facteur mesurable de mortalité prématurée, largement sous-estimé dans les sociétés connectées.En suivant deux règles simples vous pourrez vivre en bien meilleure santé et gagner jusqu’à 4 ans d’espérance de vie.
Le déficit de sommeil touche une large majorité de la population
Selon les données analysées, près de neuf personnes sur dix ne dorment pas dans des conditions considérées comme saines. Le seuil critique se situe autour de six heures par nuit. En dessous, le risque de décès prématuré augmente d’environ 20 % par rapport à celles et ceux qui dorment régulièrement entre sept et huit heures. Cette réalité s’explique par des rythmes de vie fragmentés, des horaires irréguliers et une pression constante à rester joignable, même tard le soir.
Le sommeil devient alors une variable sacrifiée, compensée artificiellement par la caféine ou des micro-siestes. Or cette dette s’accumule. Elle pèse sur le système cardiovasculaire, l’immunité et l’équilibre hormonal, sans que les effets ne soient immédiatement visibles.
La régularité compte autant que la durée
L’étude insiste sur un point clé. Dormir longtemps ne suffit pas si les horaires varient sans cesse. La régularité de l’heure de coucher apparaît comme l’un des leviers les plus puissants pour améliorer la longévité. Les participants se couchant à heure fixe présentaient moins de risques de prise de poids, de diabète et de maladies cardiovasculaires.
Ce constat rejoint les travaux en chronobiologie. Le corps humain fonctionne selon des rythmes internes précis. Les perturber chaque soir empêche l’organisme d’entrer dans des cycles de sommeil profonds et réparateurs, même lorsque le nombre d’heures semble correct.
Le téléphone au lit, un ennemi sous-estimé du sommeil
L’étude pointe également l’impact direct du scroll sur smartphone au lit, devenu une habitude banale. L’exposition à la lumière bleue retarde la production de mélatonine, l’hormone qui déclenche l’endormissement. Résultat, on s’endort plus tard et le sommeil est plus fragmenté. Notifications, vidéos en lecture automatique et défilement infini maintiennent le cerveau dans un état d’alerte incompatible avec un repos de qualité.
Les participants déclarant utiliser leur téléphone juste avant de dormir affichaient une durée de sommeil plus courte et une qualité inférieure. À long terme, cette pratique est associée à un risque accru d’obésité, de troubles métaboliques et de maladies cardiovasculaires. Le problème ne tient donc pas seulement au temps passé au lit, mais à ce qui s’y passe réellement.
Des bénéfices mesurables pour la santé et la société
Les résultats sont pourtant encourageants. Adopter des habitudes simples, comme éteindre les écrans avant de dormir, viser sept à huit heures de sommeil et maintenir des horaires constants, réduit le risque de mortalité d’environ 24 %. L’étude observe aussi une baisse des hospitalisations toutes causes confondues.
Pour Joan Costa-i-Font, ces comportements relèvent d’un investissement de long terme. Mieux dormir améliore la santé individuelle, mais aussi la productivité et réduit les coûts collectifs liés aux maladies chroniques. Dans un contexte de fatigue généralisée et de tensions sur les systèmes de santé, le sommeil apparaît comme un levier simple, peu coûteux et pourtant largement négligé.
Dormir plus n’est pas une perte de temps
Le message final de l’étude est volontairement pragmatique. Se coucher quinze minutes plus tôt, remplacer le scroll nocturne par une activité calme ou simplement poser son téléphone hors de portée suffit souvent à enclencher un cercle vertueux. Loin d’être un luxe, le sommeil redevient ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être. Une condition essentielle pour vivre plus longtemps, et surtout en meilleure santé.

