Les dérives sectaires en santé connaissent une inquiétante augmentation

Le rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) révèle une augmentation inquiétante des dérives sectaires, en particulier dans le domaine de la santé.

  • Miviludes révèle une augmentation inquiétante des dérives sectaires
  • 4 571 signalements en 2024 ont été enregistrés
  • Patients atteints de cancer ciblés par des pratiques douteuses
  • Proposé un partenariat avec la Ligue contre le cancer

Les dérives sectaires en santé connaissent une inquiétante augmentation

En 2024, les signalements liés aux pratiques non conventionnelles ont bondi, touchant particulièrement les jeunes et les patients atteints de cancer. La santé mentale est également mise en avant comme un secteur à risque avec des pratiques psychothérapeutiques non maîtrisées.

Une augmentation alarmante des signalements concernant les dérives sectaires

Lors de la remise du dernier rapport de la Miviludes pour la période 2022-2024, François-Noël Buffet a déclaré que « l’heure est grave ». Les chiffres sont frappants : en 2024, 4 571 signalements ou demandes d’informations ont été enregistrés. Cela représente une hausse de 110% par rapport à 2015 et une augmentation de 50% par rapport à 2020. Pour la première fois, le secteur de la santé et du bien-être arrive en tête des préoccupations observées, représentant 37% des signalements, dont 80,6% concernent des non-professionnels de santé.

Les patients atteints de cancer ciblés par des pratiques douteuses

Les patients souffrant de cancer sont particulièrement vulnérables face aux « charlatans et voyous », selon François-Noël Buffet. Ils sont responsables d’une majorité écrasante (plus de la moitié) des signalements liés à la santé. Philippe Bergerot, président de la Ligue contre le cancer, souligne que ces patients subissent souvent cette exploitation lors d’annonces difficiles telles que l’annonce d’un diagnostic ou un échec thérapeutique.

La Miviludes s’inquiète également d’une banalisation croissante au sein même des hôpitaux concernant les pratiques non conventionnelles (PSNC). Ces soins ne bénéficient pas toujours d’un encadrement médical adéquat. Des centres où se côtoient professionnels médicaux et intervenants en bien-être sans distinction claire soulèvent aussi des inquiétudes.

Des pratiques non approuvées qui éloignent les patients des soins

De nombreuses PSNC sont perçues comme « douces » ou « bénéfiques pour la santé », mais n’ont souvent pas reçu l’approbation scientifique nécessaire. La Miviludes met en lumière leur expansion rapide dans les établissements publics où il est désormais courant d’y croiser séances de Reiki ou magnétisme. Ce contexte peut inciter certains patients à renoncer à leurs traitements médicaux au profit d’alternatives douteuses ; un sondage Odoxa indique ainsi que 16% de la population a déjà fait ce choix (24% chez les jeunes adultes âgés entre 25 et 34 ans).

Une préoccupation grandissante autour de la santé mentale

La santé mentale suscite également une attention accrue avec un marché qui se développe rapidement grâce à des praticiens utilisant parfois des techniques psychothérapeutiques mal maîtrisées pouvant avoir des conséquences graves sur le bien-être mental.

Pour faire face aux risques associés au domaine sanitaire, plusieurs partenariats ont été établis par Miviludes avec différents Ordres professionnels afin d’échanger sur les situations potentiellement dangereuses. Un partenariat renouvelé avec la Ligue contre le cancer vise notamment à sécuriser l’approche du soutien proposé aux patients tout en leur fournissant information sur « les dérives potentielles » liées aux soins alternatifs.

Serge Blisko, président Miviludes, souligne que cette collaboration permet aussi directement auprès des patients via l’intégration dans divers comités départementaux d’un référent dédié.

Ces actions visent donc principalement à protéger ceux qui pourraient être exposés aux dangers engendrés par ces dérives sectaires croissantes dans le secteur médical.