La situation des scientifiques aux États-Unis est préoccupante depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, poussant de nombreux chercheurs à envisager un départ vers l’Europe. Des initiatives sont mises en place pour attirer ces talents en France et ailleurs sur le Vieux Continent. Cependant, la question demeure : les cerveaux fuiront-ils vraiment vers une Europe capable de les accueillir ?
- Des scientifiques américains envisagent de quitter le pays
- Un sondage révèle que 75% des scientifiques considèrent un départ
- Des initiatives sont lancées pour attirer des chercheurs en Europe
- Les perspectives d'attraction restent incertaines en raison du niveau des salaires
Des scientifiques inquiets face à une administration hostile
Depuis l’investiture de Donald Trump, de nombreux scientifiques américains se demandent s’ils doivent quitter le pays. Le professeur français Julien Sage, cancérologue et généticien à l’Université Stanford, témoigne que ses fonds académiques ont été largement réduits ou suspendus. De plus, certains mots tels que « handicap » ou « femme » ne peuvent plus figurer dans leurs projets de recherche. Cela crée une atmosphère « anxiogène » qui pousse Sage à envisager son départ.
Un sondage publié par la revue Nature le 27 mars révèle que environ 75% des 1 600 scientifiques interrogés envisagent également de quitter les États-Unis. L’ancien président de l’Académie des sciences, Alain Fischer, souligne que « la situation s’aggrave de jour en jour », ajoutant que « ce qu’il se passe là-bas est très préoccupant ».
L’Europe essaie d’organiser sa réponse
En réaction aux attaques contre la science aux États-Unis, plusieurs ministres européens, dont le ministre français Philippe Baptiste, ont signé une lettre appelant à une réunion pour renforcer l’attractivité du continent pour les chercheurs étrangers. Une enveloppe initiale de 30 millions d’euros a été évoquée lors d’une réunion entre ministres européens mais jugée insuffisante par certains experts.
Le Conseil européen de la recherche prévoit d’augmenter ses aides financières pour attirer des chercheurs talentueux, bien que ces fonds ne soient pas exclusivement réservés aux Américains.
Des initiatives locales adaptées pour attirer les talents
Chez nous, face à cette situation internationale incertaine, certaines institutions prennent les devants. L’Université d’Aix-Marseille a lancé un programme appelé « Safe Place for Science » avec un budget allant jusqu’à 15 millions d’euros pour accueillir des universitaires menacés aux États-Unis. Cette initiative a déjà reçu 150 candidatures notables.
La Fondation ARC pour la recherche sur le cancer annonce également un plan similaire avec plus de 3,5 millions d’euros consacrés à soutenir une dizaine de chercheurs en difficulté dus à la politique actuelle américaine.
Les perspectives d’attraction des cerveaux européens restent floues
D’autres institutions européennes telles que la Société Max Planck en Allemagne et l’université Cambridge au Royaume-Uni expriment leur désir d’attirer ces chercheurs sans toutefois annoncer des financements concrets. En Suède et en Suisse, diverses propositions sont faites afin d’accueillir rapidement ces scientifiques menacés.
Cependant, même si les initiatives existent, il reste difficile selon certains experts comme le Pr Solary d’attirer massivement des scientifiques américains en raison du niveau élevé des salaires dans leur pays natal comparativement à ceux proposés en Europe.
Une issue délicate où chaque soutien compte
La pression est forte sur les jeunes chercheurs qui souhaitent partir alors que ceux ayant plus d’expérience attendent encore avant de prendre une décision définitive concernant leur avenir professionnel. Julien Sage note qu’il existe un réel risque que ce soit trop tard si la situation continue à se détériorer.
Les alertes lancées par plusieurs professeurs soulignent aussi qu’il est essentiel que tout financement supplémentaire ne vienne pas nuire aux recherches locales existantes mais serve véritablement à soutenir tous ceux qui œuvrent dans le domaine scientifique aujourd’hui cruciale face aux défis mondiaux actuels.