La Miviludes alerte sur la hausse des dérives sectaires en France, avec un doublement des signalements entre 2015 et 2024, atteignant 4 571 alertes. Les pratiques liées à la santé et au bien-être représentent désormais le premier domaine concerné par ces dérives. Face à l’emprise des gourous modernes, il est crucial de sensibiliser les victimes potentielles.
- la Miviludes a doublé les signalements entre 2015 et 2024
- le secteur de la santé concentre 37% des alertes
- défaut d'inscription auprès des Agences régionales de santé concerne 20% des psychologues
- Internet et réseaux sociaux exploitent_pidétiq the prospection de victimes
Les signalements de dérives sectaires ont doublé depuis 2015. La Miviludes, organisme chargé de surveiller les dérives sectaires, a publié son rapport d’activité pour 2022-2024. Ce rapport révèle une augmentation alarmante des signalements, passant de 2 160 par an en 2015 à 4 571 en 2024. Cette hausse est particulièrement marquée depuis la pandémie de Covid-19. François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, souligne que « les tendances sont inquiétantes », précisant que cette augmentation pourrait ne pas refléter l’ampleur réelle du phénomène en France.
Le secteur de la santé concentre le plus d’alertes. Les données analysées par la Miviludes montrent que le secteur de la santé et du bien-être concentre désormais 37% des alertes, dépassant même les cultes traditionnels. Les malades du cancer sont souvent ciblés par des pseudo-thérapeutes et vendeurs de miracles. Un nouveau phénomène émerge également dans le champ de la santé mentale, où des praticiens non qualifiés exploitent la confiance des patients sous divers titres non reconnus comme psychopraticien ou psycho-énergéticien.
Des professionnels non qualifiés profitent d’un cadre flou. Il est alarmant que même certains prétendus psychologues diplômés ne soient pas enregistrés auprès des Agences régionales de santé ; cela concerne jusqu’à 20% d’entre eux selon les enquêtes menées par la Miviludes. De plus, certains individus créent des « établissements de bien-être » proposant des traitements douteux pour diverses maladies mentales comme la dépression ou le burn-out.
Des pratiques illusoires autour du vieillissement attirent les victimes. La quête moderne pour une longévité accrue a ouvert un marché propice aux charlatans. Des appareils tels que le PRK-IU promettent d’arrêter le vieillissement pour un coût exorbitant allant de 9 700 à 12 000 euros. D’autres groupes proposent également des soins révolutionnaires basés sur soi-disant « techniques extraterrestres », tout en demandant un financement pour ouvrir leurs centres.
Réseaux sociaux : plateforme privilégiée pour les gourous modernes. L’impact d’Internet et particulièrement celui des réseaux sociaux dans ce domaine est significatif. François-Noël Buffet note qu’ils constituent « une arme terrible » permettant aux escrocs d’attirer leurs victimes dans une bulle virtuelle où elles se retrouvent piégées sans possibilité d’en sortir ni questionner leur nouvelle réalité.
Les jeunes adultes entre 18 et 25 ans sont notamment visés par ces systèmes pyramidaux qui impliquent souvent un recrutement actif au sein même du groupe.
Georges Fenech, ancien président de la Miviludes, appelle également à une vigilance accrue envers les établissements publics qui légitiment ces pratiques non scientifiques en offrant diplômes ou formations connexes.
Façonnée par cette montée inquiétante du phénomène sectaire lié à l’univers médical et ésotérique, il devient essentiel pour chaque individu d’être conscient et critique face aux offres qui semblent trop belles pour être vraies afin d’éviter toute dérive dangereuse.