Le 14 avril, le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné deux médecins pour blessures involontaires causées à Priscilla Dray, une mère de trois enfants amputée des quatre membres suite à un défaut de prise en charge médicale. Le Dr Martial Dekhili a été condamné à six mois de prison avec sursis et 8 000 euros d’amende, tandis que le Dr François Vandenbossche a reçu une peine de neuf mois avec sursis et la même amende. Le CHU de Bordeaux a été relaxé mais devra verser 10 000 euros de frais d’avocat à la victime.
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Priscilla Dray subit un choc septique après une IVG
Le 22 juillet 2011, Priscilla Dray se rend au CHU de Bordeaux pour une interruption volontaire de grossesse (IVG) suivie par la pose d’un stérilet. Bien que l’intervention initiale se déroule sans problèmes, elle développe rapidement des symptômes inquiétants, notamment une fièvre dépassant les 40 °C. Malgré son retour aux urgences où elle est examinée par le Dr Dekhili qui ne lui prescrit pas d’antibiotiques, son état continue à se détériorer.
Deux jours plus tard, elle est réadmise aux urgences gynécologiques sous la responsabilité du Dr Vandenbossche après avoir attendu plus de quatre heures avant qu’un traitement antibiotique ne soit administré. Une analyse sanguine révèle un choc septique et elle entre en détresse respiratoire ; ses chances de survie sont alors estimées à seulement 5%. Au cours des semaines suivantes, l’infection entraîne progressivement l’amputation des deux jambes ainsi que d’un avant-bras et d’une main.
Les erreurs médicales identifiées par le tribunal
Le procès met en lumière plusieurs fautes professionnelles commises par les médecins impliqués dans cette affaire. En raison « de maladresse, imprudence ou négligence », ils ont causé « une incapacité supérieure à trois mois ». Le tribunal souligne particulièrement le manque d’évaluation appropriée du cas par le Dr Vandenbossche qui n’a pas pris soin d’examiner personnellement sa patiente ni vérifié si l’anesthésiste était disponible pour intervenir correctement.
« La patiente a perdu quatre heures et demie entre son arrivée aux urgences et la première prise antibiotique » déplore Gérard Pitti, président du tribunal. Ce retard critique a conduit à des conséquences graves pour Priscilla.
Un manque d’empathie reconnu au sein du CHU
Bien que le CHU ait été relaxé quant aux accusations portant sur sa responsabilité organisationnelle, le président du tribunal évoque un « manque d’empathie » dans la gestion du cas : « Dans “hôpital”, il y a “hospitalité” ». Ce commentaire souligne l’importance non seulement des soins médicaux mais aussi du soutien émotionnel offert aux patients durant leur parcours médical.
L’appel possible et les réactions autour du verdict
Les avocats des médecins condamnés ont jusqu’au 24 avril pour faire appel contre cette décision judiciaire. Du côté du CHU, aucune déclaration officielle n’a été faite concernant ce jugement malgré les sollicitations médiatiques.
A retenir : Cette affaire met en lumière l’importance cruciale d’une prise en charge rapide et adéquate dans les situations médicales critiques comme celles rencontrées lors des IVG. Bon à savoir : En cas de symptôme persistant ou aggravant après une intervention chirurgicale ou médicale quelconque, il est essentiel de consulter immédiatement un professionnel afin d’éviter toute complication sérieuse. Il est toujours recommandé d’éviter l’automédication et de privilégier un suivi médical régulier pour assurer votre santé globale.