Entretien. Déserts médicaux : le Dr Jérôme Marty critique l’illusion d’action du gouvernement après ses annonces

Façons face à la crise – Le gouvernement français projette d’imposer aux médecins libéraux de travailler jusqu’à deux jours par mois dans les déserts médicaux. Cette initiative suscite des inquiétudes parmi les professionnels de santé. Jérôme Marty, médecin généraliste et président du syndicat indépendant de médecins UFML, exprime des réserves : cette proposition ne répond pas aux réalités du terrain.

Entretien. Déserts médicaux : le Dr Jérôme Marty critique l’illusion d’action du gouvernement après ses annonces

  • le gouvernement critique l'initiative
  • la loi Garrot aggraverait la situation
  • aucun flou sur les modalités
  • soutenir les solutions pratiques

Les conséquences néfastes d’une loi mal conçue sur la médecine générale

Jérôme Marty souligne que la loi Garrot pourrait aggraver la situation actuelle plutôt que de l’améliorer : « Cette loi ne peut que mobiliser les internes, externes et médecins libéraux car elle va aggraver les choses dans la mesure où il n’y a pas de possibilité de répartition d’une pénurie. Elle va augmenter le temps que mettront les jeunes médecins à s’installer. » Il précise également que l’obligation imposée pourrait dissuader davantage de médecins, surtout ceux qui ont déjà une longue carrière derrière eux : « Le risque de faire déplacer (cesser d’exercer) les médecins atteints par l’âge plus tôt est donc assez fort. »

La méconnaissance des enjeux liés à l’exercice libéral selon un médecin spécialiste

Marty critique également le manque de clarté concernant cette mesure : « Rien n’est dit sur les modalités concrètes… ce flou laisse penser qu’il s’agit davantage d’un effet d’annonce qu’une réponse sérieuse. » Il rappelle que un médecin libéral n’est pas un agent public et ne peut être soumis à une obligation sans tenir compte des spécificités liées à son exercice.

Des solutions pratiques pour favoriser l’installation des médecins en milieu rural

Pour remédier efficacement au problème d’accès aux soins, Jérôme Marty propose plusieurs pistes concrètes : « Il faut créer des pôles de santé complets dans les zones tendues… valoriser ceux qui s’engagent. Un médecin qui consacre une journée par semaine à un territoire fragile devrait pouvoir bénéficier du secteur 2 dans son cabinet principal. » Il plaide aussi pour une révision globale du système médical afin d’alléger certaines tâches administratives : « Les arrêts de travail de moins de trois jours pourraient être autodéclarés. Soutenir les assistants médicaux et mieux rémunérer les visites à domicile. »

Mieux informer le public sur l’offre médicale existante est crucial

Marty insiste sur la nécessité d’informer correctement le public quant aux ressources disponibles en matière médicale : « La permanence des soins couvre 95% du territoire, mais elle reste méconnue. Quand je suis de garde via le Samu, j’en vois un ou deux [patients]. » Cela montre un besoin urgent d’améliorer la communication autour des services médicaux accessibles.

À retenir

  • Le gouvernement doit repenser sa stratégie face aux déserts médicaux.
  • Des solutions innovantes doivent être mises en place pour attirer et retenir les praticiens.
  • L’information au grand public est essentielle pour optimiser l’utilisation des ressources médicales existantes.
  • Notez bien : En cas de doute concernant votre santé ou celle d’un proche, il est recommandé de consulter un professionnel avant toute décision ou traitement.
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