Déserts médicaux : solutions pour favoriser l’installation des médecins généralistes

L’Île-de-France fait face à une grave pénurie de médecins généralistes, avec une perte de 825 praticiens en dix ans.

  • Île-de-France perd 825 généralistes en dix ans
  • Commission sur la médecine générale souligne besoin de nouveaux médecins
  • Réforme de la quatrième année d'internat valorise modes d'exercice
  • Accès au logement et aux transports favorisé par l'URPS francilienne

Déserts médicaux : solutions pour favoriser l’installation des médecins généralistes

La situation alarmante de la médecine générale en Île-de-France

Au cours des dix dernières années, l’Île-de-France a perdu 825 généralistes, créant ainsi un véritable désert médical dans certaines zones, notamment à Paris. Le Dr Jean-Paul Hamon, membre de la commission sur la médecine générale de l’URPS francilienne, souligne : « Médecin généraliste, c’est un métier génial mais il va falloir se bagarrer pour l’exercer comme vous rêvez de le faire ». De son côté, le Dr Richard Handschuh déclare que « nous sommes dans un désert médical » et insiste sur le besoin urgent de nouveaux médecins.

La réforme tant attendue de la quatrième année d’internat

Les médecins mettent leur espoir dans la réforme de la quatrième année d’internat, qui devrait se concentrer sur les modes d’exercice plutôt que sur les compétences médicales pures. Maïssa Boukerrou explique : « On ne se concentrerait plus sur les compétences médicales pendant cette dernière année mais sur la découverte des modes d’exercices », ce qui inclut des aspects tels que la déontologie, les règles juridiques et fiscales ainsi que les aides financières disponibles.

Actuellement, les stages ne favorisent pas suffisamment la découverte du territoire en raison de contraintes matérielles. Comme l’indique une interne : « Si on a une bonne expérience en stage, on a plus de chances de vouloir s’installer mais il faut assurer cette logistique ».

Faciliter l’accès au logement et aux transports pour attirer les jeunes médecins

Le Dr Hamon affirme qu’il est essentiel d’améliorer l’accès au logement et aux transports afin d’attirer davantage de jeunes praticiens. Il propose même : « Il faut vous dérouler le tapis rouge ». Dans un contexte où certains internes souffrent psychologiquement, il ajoute qu’il ne serait pas choquant « de doubler leur salaire » si cela contribue à résoudre le problème.

D’après l’URPS francilienne, bien plus que les incitations financières directes, ce sont les actions concrètes comme le parrainage et l’accompagnement qui semblent porter leurs fruits. David Bresson mentionne qu’ils reçoivent chaque année entre 200 et 300 médecins souhaitant s’installer.

L’accompagnement personnel est crucial pour réussir son installation

L’URPS a déjà aidé 170 porteurs de projets depuis janvier 2025, définissant leurs besoins immobiliers tout en facilitant toutes les démarches administratives nécessaires à leur installation. Ces efforts permettent selon David Bresson à près de 85% des jeunes médecins accompagnés par URPS de réussir leur installation.

Ces permanences mensuelles offrent également aux jeunes praticiens un entretien personnalisé durant lequel ils peuvent poser toutes leurs questions relatives à leur future activité médicale.

Des initiatives locales font toute la différence dans l’installation des praticiens

En Île-de-France, diverses aides sont mises en place pour soutenir financièrement les nouveaux installés. L’aide immobilière peut atteindre jusqu’à 30% du coût total du projet, avec une limite fixée à 250 000 euros. Par ailleurs, certaines communes proposent également des dispositifs innovants comme celui observé à Champigny-sur-Marne où une charte promoteur permettrait aux nouvelles constructions d’inclure des locaux dédiés aux professionnels médiques.

David Bresson conclut : « L’accompagnement est beaucoup plus décisif sur le choix d’implantation » car trouver une équipe sympathique ou bénéficier d’un bon cadre peut avoir plus d’impact qu’un simple soutien financier. Bien que plusieurs défis restent encore à relever pour améliorer ce système complexe, ces premières étapes montrent qu’une voie prometteuse pourrait être tracée vers un avenir meilleur pour la médecine générale en Île-de-France.

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