En France, six millions de Français n’ont pas de médecin traitant et huit millions vivent dans des zones considérées comme des déserts médicaux. Le 2 avril, les députés ont adopté une proposition de loi visant à réguler l’installation des médecins pour lutter contre cette crise. Cette mesure suscite des réactions divergentes parmi les acteurs politiques et médicaux.

- Guillaume Garot souligne crise des déserts médicaux
- Députés adoptent proposition de loi sur installation des médecins
- Agence régionale de santé doit accorder autorisationInstaller
- RN et syndicats critiquent approche régulatrice
Le constat alarmant sur l’accès aux soins en France
Guillaume Garot (PS) a souligné que « six millions de Français sont sans médecin traitant, huit millions vivent dans un désert médical ». Selon lui, cette situation engendre un « sentiment délétère pour notre République qui a failli dans sa promesse d’égalité de tous devant la santé ». Face à ce constat, les députés ont voté en faveur d’une proposition de loi destinée à lutter contre les déserts médicaux.
Une nouvelle régulation pour l’installation des médecins
Cette proposition impose aux médecins libéraux et salariés d’obtenir l’aval de l’Agence régionale de santé avant leur installation. Dans certaines régions où la présence médicale est jugée suffisante, cette demande pourrait être refusée. Les nouvelles installations ne pourront se faire qu’en remplacement d’un autre praticien.
Des critiques émanant du groupe RN et des syndicats
Le groupe RN a exprimé son désaccord total avec cette mesure. Joëlle Mélin (RN) a qualifié la régulation proposée de « fausse bonne idée » qui risquerait d’aggraver le problème fondamental : le manque d’attractivité de la profession. Jérôme Nury (LR), quant à lui, soutient que « la régulation doit être essayée car elle porte en elle la justice et l’égalité aux soins ».
Une quinzaine d’organisations représentant les médecins libéraux critiquent également cette approche qu’ils jugent « coercitive », affirmant qu’elle aurait des effets néfastes sur l’accès aux soins. Philippe Vigier (MoDem) précise que malgré tout, « les médecins auront la liberté d’installation sur 87% du territoire ».
Les inquiétudes concernant la médecine libérale
Dans un communiqué, le syndicat des médecins libéraux s’insurge : « se basant sur des chiffres erronés et des poncifs éculés », les députés viseraient à détruire le principe fondamental de liberté d’installation dans la médecine libérale. Ils ajoutent que ceux ayant voté pour cette loi donnent finalement « les clés de la médecine libérale aux financiers ».
Un nouvel indicateur territorial pour mieux comprendre l’offre médicale
Un amendement récemment voté prévoit un nouvel outil : un « indicateur territorial de l’offre de soins », qui sera mis à jour chaque année. Cet indicateur prendra en compte divers facteurs tels que le temps médical disponible par patient ainsi que les caractéristiques démographiques, sanitaires et socio-économiques du territoire concerné.
Les débats autour de cette proposition reprendront la semaine suivante au cours du mois prochain, promettant une discussion approfondie sur ces enjeux cruciaux touchant à l’accès aux soins en France.