À Val Suran, un village du Jura, l’accès à un médecin généraliste a été rétabli grâce à la collaboration d’institutions locales.

- Quatre généralistes se relaient
- Le Dr Pierre-Henri Mailhes témoigne
- Les médecins perçoivent 63 euros brut par heure
- Le Dr Jean-François Louvrier envisage une expansion
Depuis le mercredi 2 avril, les habitants de Val Suran, un village situé à 35 km de Bourg-en-Bresse, bénéficient d’un accès direct à des médecins généralistes grâce à une initiative collaborative. Le projet a vu le jour grâce au soutien du conseil de l’Ordre départemental du Jura, de l’ARS, du conseil départemental et de la mairie. Quatre médecins se relaient dans ce cabinet éphémère, qui ouvre ses portes quatre jours par semaine.
Parmi ces praticiens figurent deux médecins retraités âgés de plus de 60 ans qui exercent comme salariés, tandis que leurs collègues féminins ont choisi le statut libéral. Les disponibilités des professionnels sont gérées via la plateforme Doctolib, permettant ainsi une organisation optimale pour les patients.
Le Dr Pierre-Henri Mailhes témoigne des enjeux du système médical.
Le Dr Pierre-Henri Mailhes, généraliste retraité âgé de 67 ans, exprime son désespoir face à l’état actuel du système de santé : « Je suis désespéré de voir l’état du système de santé actuel, la médecine générale libérale mais aussi l’hôpital ». Son engagement est motivé par la détresse des personnes âgées cherchant désespérément un médecin : « Voir des gens avec leur dossier médical sous le bras et qui cherchent désespérément un médecin… »
Il effectue trois heures de route chaque vendredi pour venir en aide aux habitants. Selon lui, cette expérience redonne également un sens au métier et renforce le lien avec les patients : « L’un des attraits c’est que cela redonne du sens au métier et un certain rapport aux patients ».
Les conditions financières attractives pour les médecins.
Les deux médecins retraités travaillant au cabinet éphémère perçoivent 63 euros brut par heure. Leurs frais kilométriques sont couverts par l’ARS et la mairie s’occupe des locaux nécessaires au fonctionnement du cabinet. Les consœurs féminines facturent leurs actes directement ; ces honoraires sont ensuite reversés au cabinet qui représente légalement ce projet novateur.
En cas d’insuffisance financière liée aux actes médicaux réalisés, le président du CDOM jurassien précise que « l’ARS a accepté de payer le delta », garantissant ainsi une viabilité économique pour cette initiative.
Vers une expansion possible du modèle.
Le Dr Jean-François Louvrier envisage déjà d’étendre ce modèle à grande échelle dans toutes les zones rurales manquant cruellement d’accès aux soins médicaux. Il propose qu’un nouveau médecin s’installant dans le département puisse exercer quelques semaines par an dans ces cabinets éphémères afin d’aider les régions défavorisées pendant que les nouvelles générations arrivent sur le marché médical.
Ce dispositif représente donc une réponse innovante face à la crise médicale actuelle tout en apportant une solution temporaire jusqu’à ce que l’ouverture des numerus clausus permette un meilleur équilibre en termes d’offre médicale sur tout le territoire français.