Nous avons tous fait l’expérience des enseignants dont les qualités variaient considérablement. Les souvenirs d’élèves révèlent que les meilleurs enseignants savent rendre la matière intéressante, donner envie d’apprendre et expliquer clairement des concepts difficiles. Ils comprennent également les difficultés des élèves et adaptent leur enseignement en conséquence, tout en instaurant un climat de confiance.
- Les enseignants variés dans leurs qualités
- La formation se concentre sur la maîtrise disciplinaire
- Absence de programme national pour la formation des enseignants
- Proposition d'un nouveau référentiel pour la formation continue
Cependant, en France, il est rare de rencontrer des enseignants dont la capacité à enseigner est limitée par leur faible compétence dans leur discipline. La sélection et la formation des enseignants se concentrent principalement sur la maîtrise disciplinaire, comme le souligne Franck Ramus, chercheur au CNRS : « Les concours tels que l’agrégation ou le CAPES sont encore très focalisés sur cette maîtrise disciplinaire. »
Le manque de programmes nationaux pour former les enseignants crée des disparités
Un autre problème majeur réside dans l’absence d’un programme national de formation définissant précisément les connaissances et compétences nécessaires aux enseignants.
Ce manque entraîne une grande variabilité dans la qualité de la formation d’une académie à l’autre, reposant principalement sur les ressources locales. À titre de comparaison, le programme des études médicales est rigoureusement codifié : « Le programme des six premières années n’est pas laissé au libre choix, mais codifié au niveau national en grand détail. Pourquoi devrait-on prendre la formation des enseignants moins au sérieux ? »
Proposition d’un nouveau référentiel pour renforcer la formation continue
Face à ces constats préoccupants, un groupe de travail a élaboré une proposition visant à créer un nouveau référentiel de compétences pour les enseignants.
Ce référentiel mettra l’accent non seulement sur la maîtrise disciplinaire mais aussi sur les compétences non disciplinaires essentielles qui favorisent un apprentissage efficace. Il s’appuie sur plusieurs décennies de recherche en psychologie et éducation pour identifier ce qui fonctionne réellement dans le cadre pédagogique. Franck Ramus indique que cette proposition pourrait être utilisée par certains instituts sans nécessairement devenir obligatoire : « L’avenir dira si un ou une ministre se saisit de cette proposition.
ou si ce référentiel reste une simple source d’inspiration. »
La nécessité d’investir dans la formation face à une décrue démographique
Il est crucial que toute amélioration significative dans la formation continue soit accompagnée par un investissement adéquat. Cela nécessite du temps dédié à ces formations sans pénaliser l’enseignement aux élèves actuels : « Si on opte pour une formation pendant le temps scolaire… il faut avoir suffisamment d’enseignants remplaçants disponibles… Si c’est hors temps scolaire… il faudra indemniser ces heures supplémentaires.
» Avec une baisse constante du nombre d’élèves inscrits (97 000 prévus dès 2025), il serait judicieux que le ministère réaffecte ces ressources vers la formation tant méritée par nos éducateurs.
À retenir
Le succès éducatif repose autant sur les capacités pédagogiques que disciplinaires des enseignants. Il est donc impératif qu’une réforme significative voie le jour afin d’améliorer leurs compétences non seulement académiques mais aussi relationnelles et psychologiques.
Pour toute question concernant votre parcours éducatif ou celui de vos enfants, n’hésitez pas à consulter un professionnel qualifié plutôt que de vous fier uniquement aux conseils trouvés ici ou là ; éviter ainsi toute forme d’automédication intellectuelle peut s’avérer bénéfique.