La proposition de loi du député Guillaume Garot suscite des inquiétudes parmi les universitaires
- Les doyens critiquent la proposition de loi
- Les infrastructures universitaires posent problème
- L'équité entre étudiants est soulevée
- Un modèle bénéfique sous certaines conditions
L’article 3 de la proposition de loi présentée par le député Guillaume Garot a provoqué une réaction forte des institutions académiques. Ce texte vise à instaurer « une première année d’études de santé dans chaque département français », mais il est critiqué pour sa mise en œuvre complexe. Les Conférences des doyens, ainsi que la Conférence nationale des enseignants en maïeutique et France Universités, expriment leurs préoccupations quant à cette initiative.
Les défis liés aux infrastructures universitaires
Les cinq institutions concernées alertent sur les exigences nécessaires pour réaliser cette proposition. Selon elles, alors que les universités françaises peinent déjà à organiser la première année d’études médicales, l’idée d’offrir ces formations dans chaque département semble irréaliste. Elles affirment : « À l’heure où l’ensemble des universités françaises peinent à rendre lisible, simple et sécurisée la mise en œuvre, cette proposition n’est pas réaliste. »
Pour accueillir ces formations délocalisées, il est indispensable que chaque département dispose d’infrastructures appropriées capables d’organiser des travaux dirigés avec un nombre élevé d’étudiants. De plus, il faudra envisager le déplacement des enseignants et augmenter le nombre de sessions sur ces nouveaux sites tout en assurant les ressources humaines nécessaires.
L’importance du respect du principe d’équité entre étudiants
Un autre point soulevé concerne le respect du principe d’équité entre tous les étudiants inscrits en première année. Il est essentiel que « des enseignements équivalents soient offerts sur tous les sites délocalisés afin d’éviter tout risque de rupture d’égalité ». Par ailleurs, un système de tutorat devra être mis en place pour garantir un suivi similaire pour tous les étudiants, peu importe leur lieu d’étude.
Si certains départements peuvent envisager ce modèle grâce aux infrastructures existantes, celui-ci ne peut pas être généralisé sans risques supplémentaires. Les contestataires mettent également en lumière la saturation actuelle concernant les capacités locales (locaux pédagogiques et bibliothèques).
Un modèle favorable sous certaines conditions
Malgré leurs réserves sur sa mise en œuvre générale, les universitaires reconnaissent que ce modèle pourrait être bénéfique s’il était appliqué correctement. Cependant, ils insistent sur le fait qu’il doit rester sous la responsabilité directe des acteurs académiques locaux afin de préserver l’autonomie nécessaire aux établissements.
L’avenir reste donc flou concernant cette initiative ambitieuse qui pourrait transformer l’accès aux études médicales selon ses modalités concrètes et son acceptation par le milieu universitaire.
