Une récente étude de l’Université de Genève révèle un lien préoccupant entre le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez les adultes et un risque accru de démence.
- Une récente étude flagille lien TDAH et risque démence
- Etude montre risque trois fois plus élevé chez personnes TDAH
- Bruit fer et processus oxydatifs évoqués mécanismes neurodégénératifs
- Experts prennent garde conclusions, soulignent importance diagnostic précoce
Actuellement, environ 2,8% des adultes en France souffrent de cette pathologie neurodéveloppementale. Les chercheurs soulignent que les mécanismes exacts restent à explorer, mais des pistes émergent concernant l’accumulation de fer dans le cerveau et les troubles du sommeil.
Résultats d’une étude sur le TDAH et la démence
L’étude menée par des chercheurs suisses a examiné un échantillon d’environ soixante personnes, âgées de 25 à 45 ans, dont la moitié était diagnostiquée avec un TDAH. Les résultats indiquent que ces individus présentent près de trois fois plus de risques de développer une démence à un âge avancé par rapport aux personnes non atteintes.
Les scientifiques ont mis en lumière une possible corrélation entre l’accumulation de fer dans certaines zones cérébrales, comme les noyaux gris centraux, et les processus inflammatoires ou oxydatifs liés à la démence. Ce stress oxydatif chronique pourrait affaiblir durablement les structures cérébrales chez ceux qui souffrent du TDAH.
Hypothèses sur les mécanismes sous-jacents
Au-delà de l’accumulation de fer, d’autres hypothèses ont été avancées concernant le lien entre TDAH et démence. Des anomalies structurelles au niveau des régions frontales du cerveau ainsi que des circuits dopaminergiques pourraient également jouer un rôle dans les processus neurodégénératifs.
D’autre part, il est fréquent que les personnes atteintes du TDAH souffrent aussi de troubles du sommeil. Un sommeil insuffisant peut compromettre l’élimination des déchets neuronaux tels que la protéine bêta-amyloïde, souvent associée à Alzheimer. Cela pourrait accélérer le vieillissement cérébral chez ces patients.
Appels à la prudence face aux nouvelles données
Des experts français se montrent prudents quant aux conclusions tirées par cette étude. Le Pr Pierre Michel Llorca, chef du service psychiatrique au CHU Clermont-Ferrand, souligne : « Ces données sont intéressantes mais doivent encore être confirmées par des recherches longitudinales sur plusieurs décennies ». Il met également en avant la nécessité d’une prise en charge adéquate pour les adultes atteints du TDAH afin d’atténuer certains facteurs aggravants comme la sédentarité et le stress chronique qui augmentent potentiellement le risque de démence.
Importance d’un diagnostic précoce pour mieux gérer le TDAH
Cette association possible entre TDAH et démence souligne l’urgence d’un renforcement des diagnostics précoces ainsi qu’un suivi approprié tout au long de la vie adulte. La Haute Autorité de Santé ne publie ses recommandations sur ce trouble que depuis 2021, laissant place à une grande disparité dans les parcours médicaux selon les régions françaises.
Pour protéger leur santé cognitive, il est recommandé aux adultes atteints du TDAH d’adopter des comportements protecteurs tels qu’une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et une bonne hygiène du sommeil.Mais plus largement, la recherche doit continuer à examiner comment mieux comprendre ces interactions entre troubles neurodéveloppementaux et maladies dégénératives afin d’offrir une protection optimale aux cerveaux vulnérables.
A SAVOIR :
Le trouble du déficit attentionnel avec ou sans hyperactivité (TDAH), considéré comme un trouble neurodéveloppemental apparaissant généralement durant l’enfance mais pouvant persister jusqu’à l’âge adulte, se traduit par des difficultés attentionnelles, une impulsivité excessive et parfois une hyperactivité motrice.