L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a assoupli les règles de prescription pour la clozapine, un antipsychotique essentiel. À partir du 1er avril, des psychiatres, neurologues et gériatres pourront initier et suivre le traitement en ville ou à l’hôpital. Bien que cette décision améliore l’accès au traitement, certaines demandes des professionnels de santé n’ont pas été satisfaites.

- ANSM a assoupli les règles de prescription pour la clozapine
- Initiation et suivi du traitement seront accessible en ville
- Suppression de l'obligation de prescription initiale pour les praticiens hospitaliers
- Surveillance médicale reste stricte avec preuves régulières de tests sanguins
Les nouvelles conditions d’accès à la clozapine entrent en vigueur
À partir du 1er avril, l’initiation et le suivi du traitement avec la clozapine (aussi connu sous le nom de Leponex et ses génériques) seront accessibles aux psychiatres, neurologues et gériatres, qu’ils exercent en milieu hospitalier ou en ville. Cet antipsychotique est principalement prescrit pour traiter la schizophrénie résistante ainsi que les troubles psychotiques liés à la maladie de Parkinson après l’échec d’autres traitements.
L’ANSM a également supprimé l’obligation qui réservait jusqu’à présent la prescription initiale aux praticiens hospitaliers. Auparavant, ces spécialistes étaient tenus de renouveler annuellement cette prescription tandis que les renouvellements pouvaient être effectués par des médecins exerçant en ville.
Une décision prise après concertation avec les professionnels
Cette évolution fait suite à une concertation entre représentants de professionnels de santé et associations de patients. Une Task Force sur la clozapine, composée d’une quinzaine d’organisations professionnelles (conseils nationaux professionnels, sociétés savantes dans divers domaines médicaux), a exprimé son désaccord envers le maintien des règles précédentes : « Il nous paraît intenable de maintenir les règles de prescription actuelles de la clozapine », affirmait-elle durant l’été 2024. La révision vise donc à « améliorer l’accès des patients à ce traitement ».
Des préoccupations subsistent concernant le renouvellement des prescriptions
Malgré ces avancées, toutes les recommandations ne sont pas prises en compte. La Task Force avait plaidé pour que le renouvellement intercurrent soit confié aux médecins généralistes car le risque d’agranulocytose peut être détecté par une numération formule sanguine (NFS). Ils ont également noté qu’un infirmier en pratique avancée peut déjà renouveler une ordonnance dans certains cas : « Un infirmier diplômé d’État peut renouveler une ordonnance. », insistaient-ils.
La surveillance médicale reste stricte malgré quelques demandes non satisfaites
Actuellement, il est requis une prise de sang hebdomadaire durant les 18 premières semaines puis mensuelle par la suite.
Lorsqu’un médecin prescrit ce médicament, il doit indiquer sur l’ordonnance date et résultats récents du contrôle sanguin afin d’assurer que ceux-ci restent dans les normes habituelles. Le carnet de suivi du patient doit aussi être mis à jour régulièrement.
Ces changements visent cependant à mieux répondre aux besoins des patients tout en préservant leur sécurité grâce à un suivi rigoureux lors du traitement par clozapine.