La profession de psychologue souffre d’un manque de régulation face à diverses pratiques inappropriées

L’absence d’un ordre des psychologues en France expose les patients à des pratiques parfois inappropriées. Malgré des cas alarmants, la profession n’est pas régulée comme d’autres métiers de santé. Face à cette situation, le dispositif « Mon soutien psy » pourrait représenter une évolution significative pour améliorer l’accès aux soins psychologiques.

  • France manque d'un ordre des psychologues
  • Cas alarmants survenus avec des psychologues non régulés
  • Smooth proposes remboursement limité pour des consultations
  • Problèmes de qualité et de transparence pour les patients

La profession de psychologue souffre d’un manque de régulation face à diverses pratiques inappropriées

Des consultations de psychologie parfois inappropriées

François, un psychologue diplômé dans l’est de la France, a proposé une « séance piscine » à la fille de Nathalie, ce qui a conduit à l’arrêt du suivi après que l’enfant ait été retrouvée nue dans le bassin avec lui. Lucie, une autre psychologue, tente maintenant de persuader Nathalie de porter plainte malgré sa peur.

À Paris, David a vécu une expérience similaire avec un psychologue qui cherchait à lui faire dire qu’il avait eu une mauvaise relation avec ses parents et doutait même de son orientation sexuelle. Ces exemples soulignent les difficultés auxquelles font face les patients lorsqu’ils cherchent un soutien en santé mentale.

L’absence d’ordre professionnel crée des lacunes

Contrairement aux médecins et autres professions médicales, il n’existe pas d’ordre des psychologues en France. Bien qu’il y ait un code déontologique, il n’a pas force obligatoire et ne protège pas suffisamment les patients contre les dérives professionnelles. Éric Poulliat, ancien député Renaissance de Gironde, plaide pour la création d’un ordre permettant une régulation plus stricte : « Aujourd’hui, la profession reste dans une forme d’autorégulation. Mais on voit bien que ce n’est pas suffisant pour garantir la sécurité des patients. »

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) confirme ces préoccupations en constatant « une augmentation des signalements pour des prises en charge problématiques dans ce champ. »

Une offre peu lisible pour les patients

Les nombreux titres sous lesquels opèrent les psychologues rendent leur accompagnement difficilement compréhensible pour le grand public. Les spécialités varient entre travail social, éducation ou neuropsychologie et obligent souvent le patient à tester plusieurs thérapeutes avant trouver celui qui convient réellement.

Florent Simon du syndicat national des psychologues souligne que « si un praticien ne convient pas, les patients peuvent changer… encore faut-il avoir les moyens de ‘tester’ différents thérapeutes » alors que le coût moyen d’une consultation est compris entre 60 et 80 euros.

Pour répondre à ces enjeux financiers et transparents liés au parcours thérapeutique, le gouvernement a mis en place « Mon soutien psy », créé au printemps 2022 afin d’offrir jusqu’à 12 séances remboursées chez un psychologue conventionné au tarif fixe de 50 euros par séance.

Vers un remboursement élargi pour consultations spécialisées

Frank Bellivier annonce que « Mon Soutien psy est juste le début ». Le ministère envisage déjà un remboursement futur pour des thérapies ciblant spécifiquement certaines pathologies telles que la schizophrénie ou la dépression sévère – conditions actuellement non couvertes par ce dispositif.

Catherine partage l’expérience douloureuse liée aux soins nécessaires pour sa fille Claire souffrant tant de schizophrénie que d’un trouble anxio-dépressif : « Cela lui coûte 380 euros par mois », ajoute-t-elle alors qu’elle doit naviguer parmi plusieurs praticiens sans garanties sur leur efficacité.

L’objectif serait donc également d’établir clairement quelles compétences doivent posséder ceux souhaitant s’inscrire dans ce nouveau cadre médical financé par l’État.

Un bouleversement nécessaire au sein du secteur

Le plan proposé inclut révisions formelles concernant stages obligatoires et référentiels pédagogiques adaptés aux besoins actuels du secteur sanitaire selon Frank Bellivier. Ce processus pourrait prendre environ deux à trois ans avant sa mise en œuvre complète si validé par le ministre concerné.

Les professionnels déjà actifs devront passer par une validation spécifique afin de s’intégrer dans cette réforme prometteuse mais contestée par certains acteurs qui craignent une perte d’autonomie professionnelle vis-à-vis des médecins généralistes.

Lutte contre usurpation et pseudothérapies

La question demeure quant aux qualifications réelles dont bénéficient certains praticiens exerçant sous divers titres tels que « psychanalystes » ou autres désignations non réglementées pouvant induire en erreur leurs patients potentiels sur leurs compétences effectives.

Hélène Marais-Thomas estime qu’un ordre permettrait non seulement mieux protéger ces professionnels qualifiés mais également lutter efficacement contre usurpations potentielles qui nuisent tant aux praticiens diplômés qu’à ceux cherchant sincèrement du soutien thérapeutique adéquat.

Les syndicats restent divisés sur comment avancer vers un système plus structuré tout en conservant leur autonomie professionnelle face aux pressions extérieures croissantes liées notamment au financement public attendu autour du développement mental collectif.