Pourquoi modifier le génome des embryons est problématique et controversé

En novembre 2018, le biologiste chinois He Jiankui a annoncé avoir modifié le génome d’embryons de deux sœurs jumelles pour prévenir une contamination par le VIH. Cette action, réalisée avec la technique CRISPR-Cas9, a suscité une vive controverse au sein de la communauté scientifique et lui a valu trois ans de prison. Ce cas soulève des questions éthiques et scientifiques sur l’utilisation de l’ingénierie génomique, notamment pour corriger des anomalies génétiques ou réduire les risques de maladies.

  • He Jiankui a annoncé avoir modifié le génome d'embryons
  • Des chercheurs proposent d'employer les ciseaux moléculaires pour modifier simultanément jusqu'à dix gènes
  • Critiques scientifiques portent sur la fiabilité du score polygénique
  • Préoccupations éthiques soulèvent la question du droit à décider des interventions sur le génome

Des chercheurs envisagent d’ Employer plusieurs gènes pour prévenir diverses maladies

Récemment, un article publié dans la revue Nature relance ce débat. Les auteurs proposent d’employer les ciseaux moléculaires pour modifier simultanément jusqu’à dix gènes afin de diminuer les risques de maladies coronariennes, psychiatriques et d’Alzheimer. Ils estiment que ces modifications pourraient réduire jusqu’à soixante fois la probabilité d’apparition de ces pathologies grâce à l’identification préalable des variants génétiques associés à ces maladies.

Cependant, ils admettent qu’il reste encore du chemin à parcourir pour garantir que ces modifications soient précises et sans effets indésirables.

Les critiques scientifiques sur cette approche innovante sont nombreuses

L’application concrète de cette technologie nécessiterait une fécondation in vitro suivie d’une sélection rigoureuse des embryons modifiés, un processus qui pourrait être extrêmement coûteux. De plus, les critiques portent principalement sur la fiabilité scientifique du score polygénique, utilisé pour évaluer le risque génétique associé aux maladies fréquentes.

Ce score repose sur une addition simple des facteurs de risque qui ne tiennent pas compte des interactions complexes entre eux ni des variations dues aux facteurs environnementaux comme la nutrition ou l’activité physique.

Les préoccupations éthiques entourant cette technologie demeurent pressantes

Au-delà des considérations techniques, il existe également d’importantes inquiétudes éthiques concernant cette pratique potentielle. L’intervention dans le patrimoine génétique sans consentement soulève la question du droit à décider ce qui est fait avec son propre ADN.

En outre, cela pourrait créer un système où certaines personnes seraient favorisées en raison d’une modification préventive contre certaines pathologies alors que d’autres resteraient vulnérables – engendrant ainsi des inégalités en matière de santé. Le principe fondamental d’équité serait menacé si ces technologies devenaient accessibles uniquement à ceux qui peuvent se les permettre financièrement.

Une vigilance nécessaire face aux évolutions technologiques rapides

Dans un contexte où certains plaident en faveur du développement rapide de telles pratiques malgré leurs implications controversées, il est crucial que les débats éthiques et les réflexions sociétales accompagnent chaque avancée technologique dans ce domaine sensible.

Comme indiqué dans l’éditorial intitulé « Il y a nécessité de parler de l’ingénierie du génome humain », il est primordial que nous restions vigilants face aux progrès potentiels tout en tenant compte qu’il existe déjà plusieurs priorités établies pour améliorer notre santé collective. À retenir : Toute intervention sur le génome humain doit être abordée avec prudence et réflexion approfondie afin d’éviter toute dérive éthique ou inégalité sociale future. Consulter un professionnel avant toute décision liée à votre santé est essentiel.

#Dépistage#génétique