Le mardi 29 avril, près de 500 étudiants en médecine et médecins ont défilé dans les rues de Toulouse pour exprimer leur opposition au projet de loi Garot qui vise à lutter contre les déserts médicaux. Ce texte prévoit un fléchage des médecins souhaitant s’installer vers des zones manquant de professionnels de santé, ce qui soulève des inquiétudes quant à la liberté d’installation.
- étudiants manifestent
- ARS impose autorisation d'installation
- médecins redoutent impact sur carrière
- proposition non sans controverse
Les médecins dénoncent une atteinte à la liberté d’installation avec cette réglementation
Lors de cette manifestation symbolique, les participants ont revêtu des habits noirs pour « enterrer » l’accès aux soins. L’article premier du projet, qui impose une autorisation d’installation délivrée par l’Agence régionale de santé (ARS), a particulièrement suscité la colère des futurs praticiens. Laura Dubesset, étudiante en 7e année, souligne : « Le vrai problème, c’est qu’il n’y a pas assez de médecins formés », ajoutant qu’ils ne souhaitent pas être perçus comme « égoïstes », mais veulent exercer là où ils choisissent.
Les jeunes médecins craignent un impact sur leur carrière et leur motivation
Avec son porte-voix et son stéthoscope autour du cou, Charlie Loquais représente l’AIMG-MP, l’association des internes en médecine générale. Il déclare : « Ce projet est délétère pour les patients et démagogique », affirmant que le texte ne répond pas aux besoins réels sur le terrain. De plus, il critique le mépris ressenti par les étudiants face aux difficultés rencontrées durant leurs études intensives.
Abdelouahab, médecin généraliste récemment installé à Toulouse, partage également ses préoccupations : « Si ce projet avait été proposé lors de mes études, je n’aurais pas choisi médecine générale ». Il plaide pour que les territoires soient rendus attractifs afin que les jeunes praticiens y restent après leurs stages.
La proposition de loi Garot : un calendrier sous haute surveillance
Le député Guillaume Garot défend cette proposition transpartisane adoptée dans la nuit du 3 avril (155 votes pour). Elle vise à réguler l’installation médicale avec plusieurs articles importants encore non examinés. Ces derniers incluent la suppression d’une majoration tarifaire pour ceux n’ayant pas trouvé médecin traitant et l’obligation pour tous les médecins libéraux ou salariés d’assurer une permanence des soins.
L’examen continuera lors des séances publiques programmées les 6 et 7 mai 2025, laissant ainsi planer une incertitude sur son adoption finale.
Avis d’experts : comment attirer davantage de médecins dans les zones sous-dotées ?
Dr Cyrille Chaugne, président de SOS Médecins Toulouse affirme : « Ne dégoûtons pas ces jeunes d’une installation en médecine libérale ». Cela fait écho au besoin urgent d’améliorer l’attractivité des territoires ruraux ou sous-denses où se concentrent moins de praticiens.
A retenir
- Mieux former : Augmenter le nombre de places disponibles dans les écoles médicales peut aider à équilibrer la distribution géographique des professionnels
- Soutien local : Encourager une meilleure intégration professionnelle dès la formation initiale pourrait retenir davantage d’étudiants dans ces régions moins prisées
- Mise en réseau : Créer un réseau entre jeunes diplômés et collectivités locales pourrait faciliter leur installation durable dans ces zones difficiles
Prenez soin ! En cas de doute concernant votre accès aux soins ou si vous êtes concerné par ces problématiques médicales complexes, il est recommandé de consulter un professionnel plutôt que d’agir seul. Évitez toute forme d’automédication sans avis éclairé.