Le gaspillage alimentaire est un enjeu majeur en France, et il touche particulièrement la tranche d’âge des 18-24 ans.

- Jeunes négligés dans la lutte contre le gaspillage alimentaire
- 46% des jeunes jettent des yaourts, 35% des biscuits
- 58% des jeunes adultes en situation d'insécurité alimentaire
- Mauvaise organisation contribue au gaspillage chez les jeunes
Lors des États généraux sur le gaspillage alimentaire organisés à l’Assemblée nationale mi-mars, Pascale Hebel, ingénieure agronome spécialisée dans la consommation, a noté que 46% des jeunes de cette tranche d’âge ont déjà jeté au moins un yaourt dans le mois, contre seulement 8% des personnes âgées de 65 ans et plus. Les biscuits ne font pas exception : 35% des jeunes les jettent également.
Malgré une prise de conscience croissante concernant l’impact environnemental du gaspillage – avec une étude révélant que 8 étudiants sur 10 voient l’anti-gaspillage comme une solution – les raisons derrière ce comportement restent préoccupantes. Ce phénomène est souvent lié à la précarité financière. Selon une étude menée par C-Ways pour l’Observatoire des vulnérabilités alimentaires 2024 de la Fondation Nestlé, 58% des jeunes adultes sont en situation d’insécurité alimentaire.
Paradoxalement, ceux qui éprouvent le plus de difficultés ont tendance à jeter davantage. Emmeline Vriest, co-fondatrice de l’association Aux Goûts du Jour, souligne que ces jeunes choisissent souvent « des aliments à bas prix qui se conservent moins bien ». De plus, environ 20% des personnes en situation précaire n’ont pas accès à un réfrigérateur adéquat pour conserver leurs aliments.
Habitudes alimentaires et organisationnelles influencent le gaspillage
Une mauvaise organisation peut également contribuer au problème du gaspillage alimentaire chez les jeunes. Une étude OpinionWay-Smartway menée en juin 2023 révèle que 42% des 18-24 ans jettent régulièrement des produits périmés. En comparaison, seulement 20% des personnes âgées de 65 ans et plus se livrent à cette pratique.
Des témoignages comme celui d’Antsa montrent qu’il est difficile pour certains étudiants jonglant entre études et travail de gérer leur alimentation efficacement : « Je prends le temps de cuisiner mais il m’arrive souvent de devoir manger au travail. Alors ce que j’ai préparé reste à la maison et pourrit », déplore-t-elle. Pour Emmeline Vriest, il est crucial que les politiques publiques s’adaptent aux différents modes de vie hétérogènes parmi les jeunes générations : « On est face à une génération dont les plus précaires vont être tributaires des aides alimentaires… » L’éducation alimentaire doit donc être renforcée dès le jeune âge et continuer tout au long de la vie adulte afin d’aider ces individus pendant leurs transitions vers l’autonomie financière.
Avoir recours à quelques gestes simples peut réduire significativement le gaspillage
sachez quels aliments doivent être stockés correctement
Vérifiez toujours les dates limites avant achat ou cuisson : Cela aide à éviter toute surprise désagréable qui pourrait mener au gâchis. Il convient également d’être vigilant face aux suggestions commerciales qui encouragent parfois l’achat excessif sous prétexte d’économies sur certains produits alimentaires.
Consulter un professionnel peut aider dans la gestion alimentaire
Si vous éprouvez régulièrement des difficultés avec votre alimentation ou si vous êtes inquiet quant aux conséquences du gaspillage sur votre budget ou votre santé mentale, n’hésitez pas à consulter un professionnel (nutritionniste ou diététicien).
Évitez surtout l’automédication ou toute mesure drastique sans avis médical approprié.
À retenir : La compréhension du lien entre précarité économique et gaspillage alimentaire chez les jeunes est essentielle pour mettre en place des solutions adaptées.
Bon à savoir : Une éducation continue autour de la gestion budgétaire et nutritionnelle peut améliorer non seulement notre rapport aux denrées alimentaires mais aussi notre impact environnemental.