Le chikungunya : ce virus tropical risque-t-il d’atteindre la France métropolitaine ?

La Réunion fait face à une augmentation alarmante de chikungunya, avec près de 6 000 nouveaux cas depuis le début de l’année 2025. Le système de santé de l’île est sous pression, notant deux décès liés à cette maladie virale. Avec la présence croissante du moustique-tigre en France métropolitaine, des questions se posent sur le risque d’une épidémie sur le continent.

  • La Réunion enregistre 6 000 cas de chikungunya
  • Le chikungunya est transmis par les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus
  • L'an dernier, un cas autochtone de chikungunya a été signalé en France
  • IXCHIQ, un nouveau vaccin contre le chikungunya, a reçu l'autorisation européenne

Le chikungunya : ce virus tropical risque-t-il d’atteindre la France métropolitaine ?

Comment progresse le virus du chikungunya ?

Le chikungunya est une maladie virale découverte pour la première fois en Tanzanie en 1952. Elle est transmise par les piqûres des moustiques femelles des espèces Aedes aegypti et Aedes albopictus, dont fait partie le moustique-tigre. Ce dernier prélève le virus sur une personne infectée puis infecte une personne saine lors d’une seconde piqûre. Ces moustiques sont actifs pendant toute la journée.

Originaire d’Afrique, ce virus a progressivement gagné l’Asie, les Amériques et l’Europe. En France métropolitaine, la présence du moustique tigre s’est étendue dans 78 départements sur les 96, ayant été détecté pour la première fois en 2004 dans les Alpes-Maritimes.

Le réchauffement climatique peut-il changer la donne ?

La prolifération du moustique-tigre résulte en grande partie du réchauffement climatique, qui modifie les écosystèmes et facilite l’apparition d’espèces inconnues jusqu’alors dans l’Hexagone. Des cas dits « importés » sont souvent rapportés par des personnes revenant de voyages à l’étranger.

Cependant, il y a eu récemment quelques cas « autochtones », où des individus ont été piqués localement par ce moustique. L’an dernier, un seul cas autochtone avait été signalé durant l’été en Île-de-France. Bien que les chiffres actuels soient inférieurs à ceux observés pour la dengue (près d’une centaine de cas autochtones recensés en France en 2024), la flambée épidémique à La Réunion appelle néanmoins à rester vigilant face aux symptômes potentiellement graves.

Quels sont les symptômes du virus du chikungunya ?

Le chikungunya se manifeste principalement chez les personnes vulnérables telles que les personnes âgées ou celles présentant des comorbidités ainsi que chez les nourrissons. Après un délai d’incubation variant entre 2 et 10 jours, plusieurs symptômes peuvent apparaître :

  • Douleurs articulaires souvent invalidantes
  • Maux de tête
  • Douleurs musculaires
  • Fièvre
  • Éruption cutanée au niveau des membres et troncs

Bien que rares, certains patients peuvent développer des formes neurologiques graves touchant leurs nerfs périphériques. Néanmoins, la majorité des infections se résolvent sans complications majeures après quelques jours ou semaines.

Chikungunya : pas de traitement efficace mais un nouveau vaccin préventif

Actuellement, il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre le chikungunya ; seule une prise en charge symptomatique est proposée via anti-douleurs et anti-inflammatoires.

Un nouveau vaccin nommé IXCHIQ a reçu son autorisation européenne le 28 juin 2024, affichant une efficacité remarquable de 98,9%. Une campagne gratuite sera lancée à La Réunion ciblant particulièrement les plus fragiles âgés de plus de 65 ans avec comorbidités ; environ quarante mille doses seront disponibles pour cette initiative.

Ce vaccin pourra également être acheté en pharmacie au prix compris entre 180 et 280 euros par dose. Il reste essentiel d’encourager tous ceux qui seront vaccinés à continuer leur protection contre les piqûres même après avoir reçu leur injection.

Posez des vêtements couvrants ou installez une moustiquaire. Pour limiter leur reproduction, éliminez toutes sources potentielles d’eau stagnante comme gouttières obstruées ou flaques laissées dans votre environnement.

Rédaction : Arthur Vincent

Actualitésinfectionsmoustiquespiqûressymptômes