À Amiens, Thomas Fatôme soutient les médecins libéraux avec l’aide de la caisse locale

Le directeur général de l’Assurance-maladie rencontre des médecins libéraux à Amiens

  • Thomas Fatôme rencontre des médecins libéraux à Amiens
  • Marie-Gabrielle Dubreuil présente l'état des lieux médical local
  • Thomas Fatôme questionne la convention médicale des médecins
  • Le Dr Pascaline Hagnere souligne l'exclusion tarifaire

À Amiens, Thomas Fatôme soutient les médecins libéraux avec l’aide de la caisse locale

Le vendredi 4 avril, Thomas Fatôme, directeur général de l’Assurance-maladie, a quitté son bureau parisien pour rencontrer une vingtaine de médecins libéraux à Amiens. Cette rencontre s’inscrit dans un cadre exceptionnel, ouvert à la presse après plusieurs sessions similaires tenues précédemment à Caen, Vesoul et Nice.

Au début de cette réunion, Marie-Gabrielle Dubreuil, directrice de la CPAM de la Somme, a présenté un état des lieux concernant la démographie médicale dans le département. Elle a souligné une répartition inégale des praticiens, désavantageant certaines zones comme l’est et l’ouest du territoire.

Thomas Fatôme a ensuite posé une question cruciale aux médecins présents : « Quelle est votre vision de la convention médicale ? Êtes-vous bien accompagnés par la caisse locale ? » L’échange qui a suivi a été franc. Le Dr Stéphane Foulon a exprimé sa frustration quant au processus : « Il nous a fallu beaucoup de patience pour avoir non pas l’accouchement, mais la délivrance à la césarienne de la convention ».

Des jeunes praticiens craignent pour l’avenir du métier médical

Le Dr Alexis Boisdin, jeune médecin généraliste installé à Harbonnières, considère que cette nouvelle convention ne sera pas suffisante pour attirer davantage d’étudiants vers le secteur libéral. Il déclare : « Je travaille en campagne. Il y a encore des choses à améliorer, notamment sur la visite longue ».

De son côté, le Dr Amélie Sellier-Petitprez témoigne également d’une situation préoccupante : « On voit beaucoup trop d’internes qui ont peur de l’exercice libéral ». Le Dr Foulon ajoute que même si ce métier est passionnant, il faut se battre pour obtenir des conditions d’exercice acceptables.

Le terme « ennemi » fait débat parmi les professionnels

Les propos évoquant un « ennemi » lors des négociations ont créé un malaise palpable dans l’assistance. Thomas Fatôme s’est alors efforcé d’apaiser les tensions en affirmant que « le médecin traitant est un trésor ». Il insiste sur le fait qu’il n’y aurait pas d’accès aux soins sans eux : « On a besoin de vous ».

Pour tempérer ces mots forts sur les relations entre les caisses et les médecins libéraux, le Dr Franck Garate souligne qu’il existe néanmoins une évolution inquiétante vers moins d’écoute au niveau national.

Les enjeux financiers autour des négociations médicales sont cruciaux

Thomas Fatôme rappelle avec fermeté combien ces négociations étaient complexes : « On est passé dans un trou de souris en juin 2024 », faisant allusion aux événements politiques récents qui auraient pu compromettre cet accord crucial.

Les discussions se tournent ensuite vers des préoccupations plus spécifiques au quotidien médical. La Dr Pascaline Hagnere exprime son sentiment d’exclusion vis-à-vis des revalorisations tarifaires récemment mises en place pour certains spécialistes mais pas pour tous.

Elle explique que depuis décembre 2024, son tarif reste figé tandis que celui prévu pour les gynécologues médicaux augmente significativement. Sa demande légitime ne trouve aucune réponse satisfaisante auprès ni du DG ni de sa directrice locale.

L’importance croissante des assistants médicaux dans les cabinets

Enfin, lors du débat sur le déploiement plus large d’assistants médicaux dans leurs cabinets respectifs afin d’alléger leur charge quotidienne, plusieurs médecins font part d’expériences positives. Le Dr Alexis Boisdin commente qu’il bénéficie déjà d’une assistante depuis septembre dernier qui lui permet ainsi une meilleure gestion temporelle avec ses patients.