Le Hcéres face à une crise de confiance et à des critiques acerbes
- Hcéres déménage dans des locaux plus modestes
- Amendement adopté pour supprimer Hcéres
- Coralie Chevallier défend transparence des évaluations
- Législatives menacent indépendance financière Hcéres
Le Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres) traverse une période difficile, marquée par un récent déménagement vers des locaux moins spacieux, symbolisant la crise actuelle. Un amendement visant à supprimer cette instance a été voté par des députés qui jugent son coût trop élevé et son rôle inutile. En parallèle, le Hcéres est critiqué pour ses évaluations jugées sévères envers certaines universités, exacerbant les inquiétudes sur l’avenir de leurs formations.
Un déménagement symbolique du Hcéres dans un contexte critique
Le Hcéres, créé en 2013, a récemment quitté ses bureaux situés dans le 13e arrondissement de Paris pour s’installer dans des locaux plus modestes au centre-ville. Ce changement physique illustre bien la situation délicate que rencontre cette institution face aux attaques politiques et universitaires croissantes. Le 24 mars dernier, un amendement adopté en commission dans le cadre d’un projet de loi sur « la simplification de la vie économique » vise à abolir le Hcéres, considéré comme « dispendieux » et « idéologisé » par certains députés.
Les critiques académiques portent sur les avis défavorables du Hcéres
L’institution fait face à une vague d’inquiétude au sein du milieu universitaire suite aux nombreux avis défavorables émis lors des évaluations récentes. Ces avis ont principalement touché les universités lors des vagues E, qui incluent celles situées en Île-de-France (hors Paris) ainsi qu’à Mayotte et La Réunion. Les directeurs d’universités craignent pour les crédits alloués à leur établissement et le risque potentiel de disparition de certaines formations.
Coralie Chevallier répond aux accusations avec transparence
Coralie Chevallier, nommée présidente du Hcéres le 4 mars dernier, a répondu aux critiques concernant l’évaluation normative :. Elle précise que ce sont plutôt des obstacles qui sont soulevés lors du processus d’évaluation afin d’améliorer la qualité éducative sans préjuger d’un avis final.
L’évaluation doit prendre en compte divers critères selon Chevallier
Cherchant à dissiper les malentendus autour des critères utilisés pour ces évaluations, Coralie Chevallier insiste sur leur caractère non arbitraire :. Ces éléments sont encadrés par une réglementation nationale stricte relative aux diplômes.
L’indépendance financière du Hcéres est primordiale selon sa présidente
Afin d’apaiser les tensions autour du budget alloué au Hcéres – environ 20 millions d’euros – Coralie Chevallier rappelle que cet argent sert principalement à rémunérer les enseignants-chercheurs impliqués dans l’évaluation sur le terrain : , soutient-elle fermement contre ceux qui suggèrent que l’instauration d’une logique budgétaire influence leurs décisions.
Réformes proposées pour réduire bureaucratie et temps d’évaluation
Pour lutter contre ce qu’elle appelle une perception erronée selon laquelle le travail du Hcéres serait trop « bureaucratique » ou « chronophage », Coralie Chevallier annonce plusieurs réformes visant à diviser par deux la durée totale nécessaire aux évaluations : , promet-elle tout en insistant sur une approche plus respectueuse vis-à-vis des établissements concernés.
L’avenir européen du système éducatif français menacé ?
D’après Coralie Chevallier, si le pouvoir politique prenait contrôle complet sur l’évaluation actuellement attribuée au Hcéres suite aux modifications législatives discutées, cela pourrait compromettre notre conformité avec les standards européens :.
Mise au point sur l’intégrité scientifique avec Ofis
L’Office français pour l’intégrité scientifique (Ofis), sous tutelle du Hcéres, joue également un rôle clé afin d’identifier et promouvoir des pratiques scientifiques exemplaires face aux scandales récents liés au plagiat ou autres inconduites étudiantes. Un rapport exhaustif sera prochainement publié indiquant notamment combien il y a eu manquements confirmés répartis par domaine disciplinaire.