En 15 ans, Auch a perdu la moitié de ses généralistes et tous ses pédiatres : doit-on imposer l’installation des médecins ?

La question de la répartition des médecins en France, particulièrement dans les zones sous-dotées, est à nouveau au cœur de l’actualité. Le Gers, département d’Occitanie, illustre parfaitement cette problématique avec une pénurie alarmante de professionnels de santé. Un projet de loi initié par le député socialiste Garot propose un fléchage des jeunes médecins vers ces zones déficitaires, générant une forte opposition parmi les syndicats et étudiants en médecine.

  • Le Gers souffre d'une pénurie de médecins
  • L'ARS contrôlerait l'autorisation d'installation des médecins
  • Les chiffres montrent une forte disparition de généralistes et pédiatres à Auch
  • Des initiatives locales existent pour attirer des professionnels

En 15 ans, Auch a perdu la moitié de ses généralistes et tous ses pédiatres : doit-on imposer l’installation des médecins ?

Des mesures controversées pour attirer les médecins

Le texte vise à obliger les futurs médecins à s’installer dans des régions manquant cruellement de praticiens. L’autorisation d’installation serait alors contrôlée par l’Agence Régionale de Santé (ARS). En parallèle, le gouvernement a suggéré que les médecins devraient consacrer au moins deux jours par mois aux déserts médicaux.

Ce « principe de solidarité » a été accueilli avec scepticisme par la communauté médicale. Jérôme Samalens, vice-président du conseil départemental du Gers en charge de la santé, souligne : « Pour les spécialistes, le Gers fait partie des cinq départements les plus sous-dotés de France ». Cette situation soulève des questions sur la viabilité et l’attractivité des professions médicales dans ces territoires.

Une pénurie alarmante de professionnels de santé au Gers

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : selon l’Insee, le Gers a perdu près de 20% de ses généralistes en trois ans. À Auch, préfecture du département, on est passé de 28 généralistes en 2010 à seulement 13 aujourd’hui. Les pédiatres et gastro-entérologues ont totalement disparu depuis plusieurs années.

Ces chiffres illustrent une crise profonde qui touche même certaines villes autrefois mieux dotées. Véronique Eoche-Duval, déléguée du Gers pour l’association Citoyens contre les Déserts Médicaux (ACCDM), exprime son soutien aux propositions gouvernementales tout en regrettant le climat d’opposition : « Toute proposition… qui va permettre au désert médical… est bonne à prendre ».

Des initiatives locales tentent d’attirer des professionnels depuis 2016

Pour faire face à cette crise sanitaire persistante, plusieurs initiatives ont été mises en place dans le Gers depuis 2016.

La mission #Dites32 a permis l’installation d’une cinquantaine de professionnels sur tout le territoire grâce à un partenariat entre différents acteurs tels que l’Ordre des Médecins et la CPAM. Samalens précise également qu’il est crucial d’attirer davantage d’internes en médecine : « Nous travaillons à rendre le territoire attirant. Notamment en augmentant le nombre de maîtres de stage dans la région ». Des solutions telles que l’ouverture future de centres médicaux sont envisagées pour répondre aux attentes des nouvelles générations souhaitant exercer différemment.

Conseils pratiques pour naviguer ce contexte complexe

Face à cette situation préoccupante : – Restez informés sur vos droits concernant votre accès aux soins. – Consultez régulièrement votre médecin traitant*

  • ou un professionnel si vous ressentez un besoin médical. – Si vous êtes étudiant ou jeune médecin intéressé par une installation dans ces zones rurales, renseignez-vous sur les programmes incitatifs offerts par votre région.
  • En cas d’inquiétude concernant votre santé ou celle d’un proche dans ces zones touchées par la pénurie médicale, n’hésitez pas à consulter un professionnel plutôt que d’adopter une approche autodiagnostique ou automédicamenteuse. À retenir : La collaboration entre tous les acteurs du secteur médical sera essentielle pour améliorer durablement la situation sanitaire dans nos territoires ruraux souffrant actuellement d’un manque criant de praticiens.