Pierre Dechelotte, médecin et professeur de nutrition au CHU de Rouen, décrit ce phénomène comme « une nouvelle variante » où des personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire (TCA) deviennent des ambassadrices d’un mode de vie malsain.
- Dechelotte décrit le phénomène comme une nouvelle variante
- Saoudi souligne que les contenus sont chocs et brutaux
- Buigues lance une pétition pour alerter les autorités
- Saoudi avertit que ces contenus peuvent aggraver la condition des personnes malades
Les impacts néfastes des contenus « trash » sur la santé mentale
Hugo Saoudi, psychiatre spécialisé dans les TCA, souligne que ces contenus sont souvent « chocs et brutaux », jouant sur la honte ressentie par ceux qui les visionnent. En France, près d’un million de personnes souffrent actuellement d’anorexie mentale ou de boulimie nerveuse, majoritairement des femmes âgées entre 17 et 25 ans. Charlyne Buigues, infirmière spécialisée dans les TCA, a lancé une pétition pour alerter les autorités face à cette problématique croissante : « Les réseaux sociaux mettent mes patientes en difficulté ». La ministre chargée du Numérique a réagi en soulignant l’importance pour les plateformes sociales de prendre leurs responsabilités.
Les dangers graves associés aux troubles alimentaires
Bien que diverses causes soient impliquées dans l’apparition des TCA, il est crucial de reconnaître comment ces vidéos peuvent fragiliser davantage celles déjà vulnérables. Hugo Saoudi avertit que ces contenus peuvent aggraver la condition des personnes malades et nuire à leur cheminement vers la guérison : « C’est très dangereux. C’est des années de travail qui peuvent vite être détruites ». Anne-Laure Laratte, diététicienne nutritionniste, insiste également sur le risque élevé encouru par ceux en voie de guérison. Les conséquences sont alarmantes : selon l’Assurance maladie, les TCA représentent la deuxième cause de mortalité prématurée chez les jeunes adultes (15-24 ans). Charlyne Buigues rappelle qu’il n’est pas rare que certains contenus glorifient la dénutrition au point d’engendrer un arrêt cardiaque.
Conseils pratiques pour lutter contre cette tendance
Face à cette situation inquiétante et au manque flagrant d’offres thérapeutiques adaptées – avec souvent plusieurs semaines voire mois d’attente pour obtenir un suivi –, il devient urgent d’agir. Il est recommandé aux parents et adolescents confrontés à ce type de contenu : 1. Limiter l’utilisation : Considérer désinstaller TikTok ou réduire son temps passé dessus. 2. Favoriser le dialogue : Encourager vos enfants à parler ouvertement de leurs préoccupations concernant leur corps ou leur alimentation. 3. Consulter un professionnel : En cas d’inquiétude persistante concernant leurs comportements alimentaires ou émotionnels. Charlyne Buigues témoigne même qu’une patiente lui a confié avoir retrouvé le bonheur après avoir suivi ses conseils : « Depuis que je t’as écoutée, je revis ».
Rester vigilant face aux informations médicales en ligne
Il est essentiel de se rappeler qu’en cas doute concernant sa santé mentale ou physique liée aux comportements alimentaires, il vaut mieux consulter un professionnel plutôt que se fier uniquement aux recommandations trouvées en ligne.
A retenir : Les réseaux sociaux ont un impact puissant sur notre perception corporelle ; soyez vigilants face aux contenus consultés.
