Les thromboses veineuses profondes (TVP), qu’elles se manifestent sous forme d’embolie pulmonaire ou de thrombose veineuse proximale, représentent un problème de santé majeur. Ces conditions peuvent entraîner des complications graves et sont associées à une importante morbimortalité. Les anticoagulants jouent un rôle essentiel dans leur traitement, notamment les anticoagulants oraux directs (AOD) qui sont souvent préférés aux antivitamines K pour leur meilleure tolérance et leur moindre risque d’hémorragie.
- Thromboses veineuses profondes affectent la santé
- Médecins débattent de la dose d'AOD
- RENOVE compare demi-dose à dose standard
- Antécédents de récurrence restent préoccupants
Cependant, la récurrence des TVP reste préoccupante, avec un taux d’environ 2% par an chez les patients sous traitement. Face à cette situation, certains médecins choisissent de prolonger le traitement par AOD à faible dose après la phase aiguë.
L’essai RENOVE examine l’efficacité des AOD en demi-dose
Le but de l’essai RENOVE, mené sur 47 hôpitaux français entre novembre 2017 et juillet 2022, était de démontrer que le traitement préventif par AOD à demi-dose est non inférieur au même AOD administré à pleine dose chez les patients à haut risque de récidive.
Au total, 2 768 patients ont été inclus dans l’étude. Les participants étaient divisés en deux groupes : un groupe recevant une dose réduite (5 mg/j d’apixaban ou 10 mg/j de rivaroxaban) et un autre groupe recevant une dose standard (10 mg/j d’apixaban ou 20 mg/j de rivaroxaban). Le critère principal mesurait l’apparition d’une nouvelle TVP symptomatique sur une période médiane de suivi de 35,7 mois.
Résultats montrent des différences intéressantes mais non significatives
Au cours du suivi, il a été observé que seulement 0,75% des patients avaient développé une nouvelle TVP au cours des douze premiers mois. Après analyse finale : – Dans le groupe demi-dose : 19 événements (soit 2,2%) – Dans le groupe pleine dose : 15 événements (soit 1,8%) Ces résultats n’ont pas permis d’établir la non-infériorité souhaitée pour la demi-dose. Cependant, les résultats concernant les critères secondaires étaient plus encourageants pour le groupe demi-dose : – Hémorragies majeures ou cliniquement pertinentes : 9,9% contre 15,2%, indiquant moins d’hémorragies. – Critère composite « bénéfice net » montrant également des résultats favorables pour ce même groupe. Ces données soulèvent la question du choix thérapeutique en pratique clinique face aux risques variés associés aux traitements anticoagulants.
Des recommandations pratiques basées sur ces résultats
Il semble judicieux pour les médecins confrontés à un patient avec une TVP à haut risque de récidive : 1.
Continuer le traitement par AOD à posologie curative plutôt qu’à demi-dose jusqu’à ce que davantage de recherches soient réalisées. 2. Considérer la situation individuelle du patient avant toute modification du traitement anticoagulant. 3. Surveiller attentivement tout signe pouvant indiquer une récurrence ou complication liée au traitement anticoagulant. Un aspect notable est qu’une étude concomitante a montré que chez les patients atteints de cancer présentant également un historique similaire récent en matière thromboembolique nécessitant généralement un suivi différent pourrait bénéficier davantage d’un schéma thérapeutique réduit sans augmentation significative des risques saignants.
À retenir
La gestion préventive post-TVV doit être individualisée selon chaque cas clinique et nécessite souvent l’avis éclairé d’un professionnel médical compétent. En cas doute quant au type ou dosage approprié du traitement anticoagulant envisagé pour prévenir toute récidive thromboembolique ainsi que ses effets secondaires éventuels liés aux médicaments prescrits précédemment utilisés sur votre état général ; il est fortement conseillé consulter votre médecin traitant avant tout changement thérapeutique majeur.
