Une méthode surprenante pour combattre l’addiction ?

L’addiction à la cocaïne représente un problème de santé majeur en France, où près de 600 000 personnes l’ont expérimentée. Actuellement, aucun médicament n’est approuvé pour traiter cette dépendance. Cependant, le mavoglurant, anciennement destiné à une autre pathologie, pourrait offrir une nouvelle perspective grâce à des résultats prometteurs.

Une méthode surprenante pour combattre l’addiction ?

  • 68 participants ont participé à l'étude
  • Les patients sous mavoglurant ont consommé de la cocaïne pendant moins de temps
  • 27% des participants traités ont arrêté de prendre cocaïne pendant l'étude
  • Les effets secondaires du mavoglurant sont mineurs

Mavoglurant : qu’est-ce que c’est ?

Le mavoglurant a été initialement conçu pour le traitement du syndrome de l’X fragile, une maladie génétique rare. Son développement a été interrompu en raison d’un manque d’efficacité dans ce domaine. Cependant, il refait surface grâce aux travaux d’une équipe internationale de chercheurs dirigée par le professeur Daniele Piomelli de l’Université de Californie à Irvine (États-Unis), qui ont décidé d’explorer son potentiel contre la dépendance à la cocaïne.

Une étude clinique révèle des résultats encourageants sur le mavoglurant

L’étude menée sur le mavoglurant a été publiée en avril 2025, impliquant 68 participants souffrant d’un trouble lié à la consommation de cocaïne. Ces derniers ont été suivis pendant 13 semaines, répartis entre deux groupes : l’un recevant du mavoglurant et l’autre un placebo.

  • Les patients sous mavoglurant ont consommé de la cocaïne en moyenne pendant seulement 12 jours sur trois mois, contre 20 jours pour ceux du groupe placebo.
  • Un total de 27% des participants traités a déclaré n’avoir plus touché à la cocaïne durant toute la durée de l’étude.
  • Dess tests capillaires et urinaires ont confirmé une réduction marquée des traces de drogue chez les participants traités.

Cette étude représente une avancée majeure car c’est la première fois qu’un médicament montre des effets aussi positifs dans ce domaine.

Le mécanisme d’action du mavoglurant face à l’addiction

Le fonctionnement du mavoglurant repose sur son action ciblant un circuit spécifique du cerveau : celui de la récompense. Ce circuit est responsable des comportements liés au plaisir et inclut notamment les comportements addictifs comme ceux liés à la consommation de drogue.

Plus précisément, le médicament inhibe un récepteur nommé mGluR5, qui joue un rôle clé dans la libération de dopamine – souvent qualifiée « molécule du plaisir ». En régulant cette activité, le mavoglurant pourrait diminuer le besoin compulsif associé à la consommation de cocaïne et ainsi briser le cycle vicieux lié à l’addiction.

Les effets secondaires observés restent mineurs

Concernant les effets secondaires observés lors des essais cliniques avec le mavoglurant, rien ne semble alarmant jusqu’à présent. Les participants ont principalement rapporté des maux de tête, quelques nausées et quelques vertiges. Ces symptômes sont jugés tolérables et n’ont pas conduit à l’arrêt du traitement.

Il est important toutefois que ces premiers résultats soient confirmés par des études cliniques plus larges afin d’évaluer pleinement l’efficacité et la sécurité du traitement proposé par ce médicament novateur.

A SAVOIR

D’après une enquête réalisée par Santé publique France publiée en 2023, on observe une augmentation inquiétante dans la consommation de cocaïne chez les jeunes adultes. Environ 5% des 18-25 ans déclarent avoir consommé cette drogue au cours de l’année passée ; cela représente presque une hausse proche des 50% en dix ans.

Cette tendance interpelle les professionnels sanitaires car elle s’accompagne souvent d’une banalisation croissante des risques associés, tant sur le plan cardiovasculaire que psychiatrique.

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