Les matelas pour enfants, souvent perçus comme des cocons de sécurité, pourraient en réalité exposer les tout-petits à des substances chimiques nocives. Deux études menées par l’Université de Toronto révèlent que ces éléments de literie constituent une source majeure de pollution chimique, avec des conséquences préoccupantes sur la santé des jeunes enfants. Voici ce qu’il faut savoir et comment protéger vos enfants.

- Études universitaires révèlent pollution chimique dans matelas d'enfants
- Niveaux élevés de phtalates et retardateurs de flamme constatés dans chambres d'enfants
- Matelas émettent 21 composés chimiques dangereux sous influence corporelle
- Protection des enfants possible par aération fréquente et choix de matelas écologiques
Des concentrations dangereuses sont présentes dans la chambre des enfants
Les chercheurs ont analysé l’air dans 25 chambres d’enfants âgés de 6 mois à 4 ans. Ils ont constaté que les niveaux de phtalates, de retardateurs de flamme et de filtres UV étaient particulièrement élevés près des lits. Ces substances, couramment utilisées pour assouplir les plastiques ou rendre certains matériaux ignifuges, sont connues pour leurs effets néfastes sur la santé : perturbations hormonales, troubles neurologiques (troubles de l’attention, baisse du QI, troubles de la mémoire), asthme et même certains cancers.
Les matelas sont mis en cause dans cette problématique
Dans une seconde étude, 16 matelas neufs pour enfants ont été testés. En simulant la température corporelle et le poids d’un enfant, il a été observé que les émissions chimiques augmentaient fortement. Au total, 21 composés organiques semi-volatils ont été identifiés : orthophthales, esters organophosphorés, benzophénones et salicylates. Il est alarmant que certains produits chimiques détectés soient déjà interdits au Canada. Cette situation souligne un manque évident de contrôle dans la chaîne d’approvisionnement concernant les matelas importés d’Amérique du Nord. Arlene Blum, directrice du Green Science Policy Institute et co-auteure des études déclare : « Ces produits chimiques nuisent depuis des années aux capacités d’apprentissage de nos enfants.
Un risque potentiel existe également en France
En France aussi, il est possible d’acheter des matelas contenant ces retardateurs de flamme sous l’appellation « ignifugés ». Cependant, ces traitements ne sont pas obligatoires pour tous les types de literie domestique sauf exceptions spécifiques (sièges et literies destinées au public). L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) avait alerté dès 2015 sur ces substances controversées en recommandant leur limitation car elles peuvent être nocives sans preuve solide quant à leur efficacité contre les incendies domestiques.
Astuces pratiques pour protéger efficacement vos enfants
Miriam Diamond, professeure spécialisée en toxicologie environnementale à l’Université de Toronto insiste sur l’importance d’un environnement sain pendant le sommeil : « Le sommeil est un moment clé pour le développement du cerveau chez les tout-petits ». Pour aider à réduire leur exposition aux substances toxiques présentes dans leur literie :
- Aérez régulièrement la chambre
- Lavez fréquemment draps et couvertures
- Diminuer le nombre d’objets dans le lit (peluches inutiles)
- Chez vous choisirez des tissus non teints ou clairs qui contiennent moins d’additifs chimiques
- S’il vous faut acheter un nouveau matelas, optez pour ceux certifiés sans substances nocives (labels écologiques)
Cela dit ; suggèrent aux autorités canadiennes étendre leurs restrictions déjà appliquées aux jouets vers la literie afin d’assurer une meilleure protection sanitaire pour nos enfants.
A retenir
Vigilance face aux choix liés à la literie peut significativement contribuer à préserver la santé cognitive et physique des plus jeunes.N’hésitez pas à consulter un professionnel si vous avez le moindre doute sur votre matériel.