La baisse de la natalité en France soulève des inquiétudes
- Bélaïsch-Allart évoque enjeux du non-désir d'enfant
- Déclin de natalité biaisé par fécondité et choix individuels
- Nécessité d'assistance médicale à procréation pour augmenter taux fécondité
- Évolutions législatives nécessaires pour bioéthique des choix reproductifs
La baisse significative de la natalité en France est inquiétante. De 880 000 naissances en 1973 à seulement 663 000 en 2024, le pays a perdu un quart de ses naissances depuis trente-deux ans. Ce phénomène pourrait être temporaire ou durable, soulignant un besoin urgent de recherche en sciences humaines et sociales pour mieux comprendre ses causes.
La baisse de la natalité a des raisons multiples
D’après Dr Joëlle Belaïsch-Allart, l’avis 149 du CCNE révèle que depuis 1973, où il y avait 880 000 naissances, jusqu’à 2024 avec seulement 663 000 naissances, la France a perdu un quart de ses naissances. Ce phénomène pourrait être temporaire ou durable, mais il souligne un besoin urgent de recherche en sciences humaines et sociales pour mieux comprendre ses causes.
La diminution du nombre de naissances est liée à deux facteurs principaux : le nombre de femmes en âge de procréer reste stable tandis que la fécondité diminue. Il convient également de distinguer entre l’« infécondité volontaire », lorsque les couples choisissent délibérément de ne pas avoir d’enfants, et l’« infécondité involontaire », qui concerne les problèmes d’infertilité.
Les enjeux éthiques face à une société vieillissante
Interrogée sur les implications éthiques liées à cette chute du taux de natalité, Dr Belaïsch-Allart souligne qu’il faut s’interroger sur cette situation : « Au niveau mondial, nous sommes déjà assez nombreux. Mais à l’échelle nationale, cela peut soulever des problèmes liés à une société vieillissante ».
Il est essentiel d’équilibrer le respect des choix individuels avec la nécessité d’une solidarité collective pour favoriser des conditions propices au désir d’enfant. Pour répondre aux préoccupations concernant le non-désir d’enfant qui semble se généraliser dans certains contextes sociétaux, les pouvoirs publics doivent améliorer l’accès aux services liés à la petite enfance et faciliter la conciliation entre vie professionnelle et familiale.
L’assistance médicale à la procréation doit être renforcée
Le CCNE appelle également à renforcer l’accompagnement autour du thème de l’infertilité et préconise une application rigoureuse du plan présenté par Pr Samir Hamamah en 2022. Actuellement, « les centres d’AMP sont saturés et manquent cruellement de moyens ». En effet, seulement 3,7% des enfants nés en France proviennent d’une assistance médicale à la procréation (AMP) en 2022.
L’accessibilité inégale aux centres pourrait potentiellement influencer positivement le taux global de natalité. Une étude menée au Royaume-Uni illustre cet impact potentiel : si le nombre moyen de cycles AMP augmentait au même niveau que celui observé au Danemark, on pourrait observer une élévation du taux fécondité britannique allant jusqu’à 1,68 contre actuellement 1,64.
Les médecins doivent informer sans pressions
Dr Belaïsch-Allart insiste sur l’importance pour les médecins d’adopter un discours informatif sans tomber dans l’injonction vis-à-vis du désir parental. Il est crucial qu’ils sensibilisent leurs patients aux effets néfastes du recul familial lié principalement au vieillissement biologique chez les deux sexes.
En matière d’infertilité également, il est recommandé de ne pas attendre deux ans avant d’entamer des explorations médicales, alors même que selon l’OMS depuis 2009, un an sans grossesse après rapports réguliers constitue déjà un critère pertinent pour débuter ces démarches.
De plus, le taux moyen d’accouchement après ponction FIV/ICSI est seulement 19%. Un tel chiffre montre bien qu’il faut garder une vision réaliste concernant ce type d’assistance.
Des évolutions législatives nécessaires autour de la bioéthique
Enfin, Dr Belaïsch-Allart évoque plusieurs sujets importants devant être discutés lors des états généraux prévus en 2026 par rapport aux lois sur la bioéthique :
- L’autoconservation ovocytaire devrait voir son cadre légal assoupli
- Le débat autour autorisation éventuelle concernant AMP post-mortem
- La possibilité légale pour Ropa (don ovocytaire)
Ainsi, elle plaide notamment pour élargir l’âge limite fixé à 36 ans. Elle soutient aussi que « la majorité des professionnels favorisent ouvrir davantage ces possibilités ». Ces questions soulèvent donc diverses interrogations quant aux droits reproductifs tout autant qu’à leur encadrement réglementaire.
