La nomophobie : peur du désœuvrement numérique
Motivée par une peur de ne pas avoir son smartphone à portée de main, la nomophobie touche une grande partie des jeunes et adultes. Selon un rapport de Santé Publique France, près de 50% des 18-24 ans utilisent leur téléphone portable plus de quatre heures par jour. Cette dépendance peut engendrer des problèmes majeurs pour la santé mentale et le bien-être.
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- jeunes en particulier sont fréquemment stressés sans téléphone
- smartphone libère dopamine augmentant dépendance
- stratégies existent pour réduire addiction
Qu’est-ce que la nomophobie ?
Dérivé du terme anglais « no mobile phone phobia », l’expression désigne une peur intense d’être séparé de son téléphone portable. Ce phénomène touche une grande partie d’utilisateurs sans distinction d’âge ou de sexe ; ceux confrontés à cette situation ressentent une anxiété lorsqu’ils ne peuvent pas accéder à leur téléphone portable – qu’il soit question d’une batterie déchargée, d’un téléphone à domicile ou d’un réseau perturbé.
Certains sont-ils plus concernés que d’autres ?
Même si cette dépendance affecte des utilisateurs âgés et masculins dans une moindre mesure, elle touche particulièrement les jeunes. Selon une étude Ifop pour la Fondation April en 2022, 67% des Français déclarent être inquiets à l’idée de ne pas avoir leur téléphone sur eux. Ce chiffre atteint même 93% chez les young adults âgés de 18 à 24 ans !
Une enquête OpinionWay réalisée pour l’Observatoire de la santé psychologique au travail en 2023 révèle que huit personnes sur dix consultent leur smartphone dans les dix minutes suivant leur réveil.
Pourquoi certains deviennent-ils accros à leur smartphone ?
Dessinée pour être addictive, l’appareil mobile libère des quantités répétées d’adrénaline lorsqu’on reçoit des notifications, likes ou messages – ce qui stimule notre dopamine liée au plaisir. Plus on utilise ces appareils, plus on souhaite y retourner. Cet engouement est renforcé par une norme sociale : répondre rapidement aux messages et rester connecté est considéré comme normal dans nos vies professionnelles et amicales. De plus, utiliser son téléphone devient un réflexe face aux moments ennuyants – dans une file d’attente ou lors d’un repas par exemple.
Quels risques présente cette addiction ?
Pas simplement une tendance passagère, la nomophobie entraîne plusieurs conséquences néfastes pour notre santé mentale et physique. La recherche souligne que l’exposition prolongée aux écrans représente aujourd’hui un risque reconnu pour la santé mentale des jeunes. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande ainsi de limiter le temps passé devant les écrans à moins de deux heures par jour pour les enfants et adolescents.
Pouvez-vous décrocher efficacement du smartphone ?
Même si vous ne pouvez pas vous passer de votre smartphone, il existe quelques stratégies pour réduire l’addiction.
- Faites preuve de volonté et fixez-vous des périodes sans consultation du téléphone : au réveil, avant le coucher et pendant les repas.
- Désactivez certaines notifications inutiles afin d’avoir moins d’interruptions quotidiennes.
- Aménagez certains espaces chez vous comme étant « sans smartphone », tels que la chambre ou la salle de bain.
- Pratiquez régulièrement des activités hors écran : rendez-vous sportif, lecture ou jeux en famille peuvent constituer d’excellentes alternatives !
S’il est difficile de gérer cette dépendance malgré vos efforts personnels, n’hésitez pas à parler à un professionnel spécialisé afin qu’il puisse vous accompagner vers une meilleure gestion du quotidien lié aux technologies numériques.
