La Cour des comptes suggère moins de revalorisations et plus de contrôles pour économiser 20 milliards d’ici 2029

Le 14 avril, la Cour des comptes a présenté un rapport contenant 15 mesures d’économies visant à réduire les dépenses de santé. Ces recommandations pourraient permettre de dégager entre 19,4 milliards et 21,4 milliards d’euros d’ici à 2029, garantissant ainsi le respect de l’Ondam, qui fixe la croissance annuelle des dépenses maladie à 2,9%. Face à une augmentation significative des dépenses de santé (+4,8% par an depuis 2019) et aux besoins croissants (estimés à +3 milliards/an), il est jugé urgent d’agir. Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, a déclaré : « Ce n’est pas un plan d’austérité. Il y a un chemin pour trouver des économies sans dégrader la Sécurité sociale. »

La Cour des comptes suggère moins de revalorisations et plus de contrôles pour économiser 20 milliards d’ici 2029

  • Cour des comptes présente rapport
  • Lutte contre les fraudes prioritaire
  • Amélioration des pratiques médicales nécessaire
  • _Reduction de revalorisations salariales recommandée

Mieux lutter contre les fraudes pour augmenter l’efficacité du système

La lutte contre les fraudes représente un axe prioritaire. Bien que 628 millions d’euros aient été détectés et stoppés en 2024, il reste encore beaucoup à faire avec une fraude estimée à 4,5 milliards d’euros. La Cour suggère notamment de s’assurer que tous les individus frauduleux soient récupérés et recommande « de suspendre les paiements en cas de doute ». Pour cela, plus de ressources humaines et informatiques doivent être mobilisées au sein des caisses d’assurance-maladie.

Améliorer la pertinence médicale pour éviter les abus

L’amélioration des pratiques médicales est essentielle. La Cour souligne l’hétérogénéité dans certaines interventions chirurgicales entre établissements. Des hospitalisations évitables dues à une gestion inappropriée représentent environ 2,5% des séjours liés à l’insuffisance cardiaque, ce qui montre l’importance d’une meilleure analyse systématique. Les prescriptions excessives coûtent cher : par exemple, 38 millions d’euros pour des dosages injustifiés de vitamine D ou 300 millions pour des IPP mal prescrits. L’analyse rigoureuse doit aider à détecter ces anomalies.

Réduire les revalorisations salariales dans le secteur médical

Un point délicat abordé dans le rapport concerne la nécessité « de réduire l’ampleur habituelle » des revalorisations salariales tant en milieu libéral qu’hospitalier. En juin 2024, une convention signée a entraîné un coût total atteignant 1,6 milliard d’euros, soit plus du double que précédemment. Pierre Moscovici a exprimé qu’il devrait être impératif « de conditionner ces nouvelles revalorisations par la réalisation effective des économies envisagées ».

Restructuration nécessaire au sein des hôpitaux publics

Face aux événements indésirables graves en hausse (+13% sur un an) générant souvent surcoûts importants comme ceux liés aux désordres physiologiques ou septicémies, il apparaît crucial que certains petits hôpitaux public réorganisent leurs services médicaux insuffisamment actifs. La Cour recommande également une optimisation dans la gestion financière hospitalière afin de mieux encadrer les coûts engendrés par le personnel intérimaire dont le coût a doublé depuis 2020 (atteignant 600 millions en 2023).

Pensons prévention : enjeux majeurs pour notre santé publique

Pour terminer sur une note constructive, il apparaît clair que la prévention doit devenir un axe central face aux maladies telles que cancers ou maladies cardiovasculaires touchant près de 12,8 millions patients représentant environ 54,5 milliards d’euros en dépense totale en 2022. Il est temps selon la Cour « de refonder notre politique préventive », afin non seulement de diminuer ces chiffres alarmants mais aussi améliorer globalement notre système sanitaire.

A retenir : Les propositions présentées visent avant tout à optimiser nos ressources publiques sans sacrifier la qualité ni l’accès aux soins.

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