Si l'on compare les résultats aux valeurs guide de référence édictées par les autorités de contrôle sanitaires françaises, les taux émis par les lits représentent déjà plus d’un quart de la valeur toxique de référence – sans prendre en compte le reste des meubles et peintures polluant l’air de la chambre. Or, aujourd’hui, ces doses à ne pas dépasser sont basées sur le principe de Paracelse selon lequel « Rien n’est poison tout est poison : seule la dose fait le poison ». Pourtant, ce dernier ne présente plus de garanties puisqu’il convient également de prendre en compte la durée d’exposition, l’âge, le sexe, le mécanisme d’accumulation, les sensibilités individuelles, etc. Or, les nourrissons sont les plus sensibles à ce type de pollution et ils restent dans leurs lits en moyenne 20 heures par jour, ce qui les rend particulièrement vulnérables à ces produits chimiques.

«En menant cette étude, notre objectif n’était pas d’être exhaustif mais de montrer que dès la naissance nous sommes plongés dans un bain chimique. En tant que médecins, nous voulions prévenir et sensibiliser au maximum à la protection des plus sensibles. Aussi, il nous semble absurde d’exposer les nourrissons à cette pollution alors que nous pourrions l’éviter » déclare le Dr Pierre Souvet, Président de l’ASEF.

Le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l’ASEF souligne «Avec cette étude, nous espérons inciter les entreprises à mettre sur le marché des produits moins polluants mais aussi inciter les décideurs politiques à rendre obligatoire l’étiquetage des matériaux d’ameublement afin que le consommateur puisse réellement choisir. En attendant, nous conseillons aux parents de mettre le lit à « dégazer » dans le garage quelques mois avant l’arrivée de bébé... L’objectif étant que demain nous ne regrettions pas nos actes d’aujourd’hui ».

Qu’est-ce que le formaldéhyde ?

Le formaldéhyde est une substance classée comme cancérigène certain par le Centre International de Recherche sur le Cancer depuis 2004. Il provoque des irritations des muqueuses favorisant l’asthme et à long terme des cancers du rhinopharynx ou des leucémies.

Il est émis par un grand nombre de matériaux de construction et produits de consommation courante largement utilisés (matériaux de construction, éléments de mobilier, revêtements et textiles, produits ménagers, cosmétiques…). Il est également issu de la combustion (fumée de tabac, appareils de chauffage, combustion de bougies ou d'encens…).

L'exposition de la population française est principalement liée à l'air intérieur qui y contribue pour 98 % (European Commission, 2005b).

La valeur toxique de référence est de 10 μg/m3. Pourtant en France, les concentrations en formaldéhyde dans les logements varient de 1,3 à 86,3 μg.m-3 avec une médiane à 19.6 μg.m-3 (échantillonnage passif pendant 7 jours dans les chambres des domiciles investigués de 2003 à 2005 dans le cadre de la campagne nationale « Logements » de l'Observatoire de la Qualité de l'Air Intérieur) (OQAI, 2006). Dans d'autres environnements clos, comme les écoles, les crèches ou les bureaux, les concentrations varient de 3 à 60 μg.m-3.

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source : dossier de presse Association Santé Environnement France