Si on ne peut que se féliciter du recul des comportements sexistes chez les hommes, la nouvelle idéologie égalitariste n’a-t-elle pas cependant tendance à les culpabiliser quand ils n’arrivent pas à être aussi performants que les femmes ? Et pourtant faudrait-il qu’ils le soient ? De quelle égalité est-il alors question ? L’homme doit-il devenir « une femme comme les autres » ? Dans la famille doit-il devenir une seconde maman et doit-il, pour favoriser l’harmonie, entrer dans la dyade maman-enfant comme de nombreux papas s’y essaient avec plus ou moins de succès ? Si l’homme peut « être dans l’affectif » et même dans le ludique avec ses enfants, doit-il pour autant oublier la fonction d’autorité à laquelle les « pères » traditionnels avaient le tord de s’identifier ?

La maman qui a mis le bébé au monde n’est perçue ni comme le papa et ni pareillement par le petit garçon et par la petite fille. Fantasmée toute-puissante, elle ne pourra jamais jouer les mêmes fonctions symboliques que l’homme avec un petit enfant. Même si elle peut avoir les mêmes capacités, ce qu’elle fera et dira sera toujours interprété différemment par celui-ci. Si elle veut faire preuve de sévérité, elle pourra éventuellement obtenir l’obéissance de l’enfant. Celui-ci cherchera à lui plaire par crainte de perdre son amour, mais il n’est pas certain qu’il apprenne à respecter la loi.

Ce n’est peut-être pas par hasard si la loi sur l’autorité parentale donne l’autorité, non pas aux parents, mais « aux pères et aux mères » en pointant nettement la différence des sexes ! …

Texte de Jean Gabard.

A écrit un essai :

"Le féminisme et ses dérives Du mâle dominant au père contesté"
Les Editions de Paris"
et anime des conférences-débats sur l’éducation des enfants
http://www.jeangabard.com