Comment traiter efficacement les tics nerveux chez l’adulte ?

Les tics nerveux expliqués par des experts

Les tics nerveux touchent de nombreuses personnes. Selon le Pr Andreas Hartmann, neurologue coordonnateur du Centre de référence des stéréotypies motrices rares à l’AP-HP-Sorbonne Université-Hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, « les formes d’expression sont variées, d’une personne à l’autre ou au cours de la vie ». Ces manifestations apparaissent généralement vers l’âge de 6 ans et disparaissent souvent durant l’adolescence. Cependant, environ un quart à un tiers des personnes conservent leurs tics à l’âge adulte.

  • Les tics nerveux varient de personne à personne
  • L'anxiété n'est pas la cause des tics nerveux
  • Les TCC sont le premier recours contre les tics
  • Autres options incluent les injections Botox, les médicaments et la chirurgie

Comment traiter efficacement les tics nerveux chez l’adulte ?

Une forme plus sévère est le syndrome Gilles de la Tourette (SGT), décrit pour la première fois par un médecin français au XIXe siècle. Ce syndrome implique au moins deux tics moteurs et un tic vocal persistants depuis plus d’un an. Le Pr Hartmann précise que bien que certaines formes soient associées à des comportements inappropriés ou vulgaires, elles restent très rares.

L’anxiété n’est pas responsable des tics nerveux

Contrairement aux idées reçues, « l’anxiété n’en est pas la cause », affirme le Pr Agathe Roubertie du CHU de Montpellier. Les tics résultent plutôt d’un fonctionnement cérébral spécifique influencé par une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. Des événements survenant pendant la grossesse ou durant les premières années de vie peuvent affecter cette maturation cérébrale.

Le Pr Hartmann explique qu’il « s’agit d’un mélange complexe sans causes précises identifiées », soulignant ainsi le besoin encore actuel de recherche dans ce domaine.

Les TCC comme traitement efficace contre les tics

Pour traiter les tics nerveux, les thérapies cognitives et comportementales (TCC) représentent le premier recours recommandé. Cette méthode enseigne aux patients comment réprimer leurs tics progressivement grâce à des séances chronométrées combinant exercices respiratoires. Bien qu’efficace avec des résultats apparents en 3 à 6 mois, ces séances peuvent être éprouvantes et nécessitent une pratique quotidienne chez soi.

Cependant, il faut noter que ces traitements coûtent près de 600 €, sans remboursement par la Sécurité sociale contrairement aux autres options médicamenteuses disponibles.

Le Pr Hartmann souligne également que « cela ne fonctionne pas très bien » pour certains traitements alternatifs comme la méditation ou le yoga ; leur efficacité étant limitée sauf en cas d’anxiété concomitante.

Autres options thérapeutiques pour gérer les tics

En plus des TCC, plusieurs autres approches existent :

  1. Injections Botox : Utilisées principalement chez les adultes souffrant de tics du cou, nuque ou cordes vocales sévères. Ces injections doivent être renouvelées tous les trois ou quatre mois.
  2. Médicaments : En dernier recours lorsque l’état devient critique – comme dans le cas d’un enfant harcelé – on privilégie alors certains neuroleptiques tels que l’aripiprazole administré en faibles doses spécifiquement hors AMM (Autorisation de mise sur le marché).
  3. Chirurgie : Pour ceux gravement atteints, une option consiste en une stimulation cérébrale profonde qui pourrait inhiber légèrement certaines fonctions hyperactives liées aux tics via implantation d’électrodes dans le cerveau.

Il existe donc une diversité d’approches thérapeutiques qui visent non seulement à réduire mais aussi potentiellement éliminer ces symptômes gênants dans divers contextes sociaux.

A lire : Mieux vivre avec des tics et un syndrome Gilles de la Tourette, guide pour les patients et leur famille par le Pr Andreas Hartmann & al., éditeur Dunod, au prix conseillé de 22,90 € (mars 2025).