Rosp 2024 : bilan positif, mais résultats cliniques décevants en prévention et dépistage

La Rémunération sur Objectifs de Santé Publique (Rosp) pour les médecins généralistes a connu une hausse de 3,4% en 2024, atteignant une prime moyenne de 5 361 euros par médecin. Bien que ces chiffres soient encourageants, le bilan clinique montre des résultats hétérogènes, notamment dans des domaines cruciaux comme le dépistage du cancer et la prévention.

Rosp 2024 : bilan positif, mais résultats cliniques décevants en prévention et dépistage

  • Rétribution augmentée
  • Progression des indicateurs pour le suivi des pathologies chroniques
  • Amélioration des prescriptions de statines
  • Dépistage de la maladie rénale chronique diminué chez les hypertendus

Les résultats positifs concernant le suivi des pathologies chroniques

Les médecins généralistes ont fait preuve d’une implication notable dans le suivi des patients souffrant de pathologies chroniques telles que le diabète et l’hypertension artérielle.

  • Pour le diabète, les indicateurs montrent une progression significative :
    • +1,6 point pour le fond d’œil (72,2% des patients concernés)
    • +0,4 point pour les dosages d’HbA1C
    • +1,5 point pour le dépistage de la maladie rénale chronique chez les diabétiques

De plus, il y a eu une augmentation du dépistage de la maladie rénale chronique chez les hypertendus avec une hausse de 1,7 point, correspondant à plus de 430 000 patients supplémentaires détectés.

L’efficience des prescriptions s’améliore grâce aux statines

Un autre aspect positif concerne l’efficience des prescriptions médicales. Selon la Cnam :

  • Les prescriptions de statines ont augmenté de 7,4 points, atteignant un seuil supérieur à 95%
  • D’autres traitements tels que ceux contre l’hypertension ont également vu leurs prescriptions progresser (+1,2 point)
  • La prescription des biosimilaires d’insuline glargine a bondi avec une augmentation notable de 4,3 points en 2024

Le défi persistant : vaccination et dépistage

Malgré ces avancées dans certains domaines cliniques, la situation reste préoccupante en ce qui concerne la prévention :

  • La vaccination antigrippale continue à diminuer :
    • Taux chez les plus de 65 ans : seulement 54,3%, inférieur aux niveaux pré-pandémie
    • Vaccination chez les sujets à risque chute à 25,2% (-3,7 points)
  • Vaccination contre le papillomavirus : -3 points par rapport aux années précédentes
  • Concernant le dépistage du cancer :
    • Cancer du sein affiche une légère hausse (+0,2 point), tandis que celui du col est en recul (-2,7 points)

Ces difficultés illustrent « la complexité à faire évoluer positivement ces comportements sur le long terme », selon la Cnam.

Conclusion sur l’avenir et recommandations pratiques

En dépit d’un bilan financier positif pour la Rosp en cours jusqu’en 2025 et son remplacement prévu par un forfait unique médecin traitant dès 2026 incorporant davantage d’indicateurs individuels ciblés (15 au lieu de 27), il est essentiel d’aborde ces avancées avec prudence. Les professionnels doivent rester vigilants face aux enjeux persistants liés à la prévention. Pour accompagner cette démarche :

  1. Il est recommandé aux patients d’être proactifs dans leur suivi médical
  2. N’hésitez pas à consulter votre médecin traitant pour discuter des vaccinations ou examens préventifs nécessaires selon vos antécédents médicaux
  3. Évitez l’automédication ou toute décision sans avis professionnel si vous avez un doute sur votre état de santé
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