Le projet Gear, lancé en 2024 par l’Institut de la vision et WhiteLab, ambitionne de développer des thérapies géniques pour traiter les maladies rétiniennes grâce à l’intelligence artificielle (IA). Lors d’une conférence le 3 avril 2025, les partenaires ont partagé des avancées prometteuses sur leur recherche. Ce projet vise à cibler efficacement les cellules malades de la rétine, offrant un nouvel espoir pour près de 8% des Français touchés par ces pathologies.
- Le projet Gear ambitionne de développer des thérapies géniques
- La recherche vise à cibler efficacement les cellules malades de la rétine
- L'intelligence artificielle cartographie les récepteurs des cellules rétiniennes
- L'Institut de la vision soutient le projet et se positionne comme leader
Le projet Gear se concentre sur les maladies rétiniennes
Le projet Gear, qui signifie « gene therapy evaluation for the retina using AAV and AI-based rational design », s’intéresse particulièrement aux maladies rétiniennes, qui représentent une cause majeure de malvoyance chez plus de 50 ans en France. Bien que plusieurs thérapies géniques aient montré leur efficacité en ophtalmologie, seule une a reçu une autorisation de mise sur le marché dans le domaine des dystrophies rétiniennes héréditaires : Luxturna. Selon Deniz Dalkara, directrice de recherche à l’Institut de la vision, « la limite de cette thérapie génique est qu’elle n’arrive à cibler qu’une petite partie de la rétine ». Cela souligne la nécessité d’améliorer ces traitements afin d’atteindre toutes les cellules malades.
L’intelligence artificielle au service du développement thérapeutique
La première étape du projet a consisté à cartographier les récepteurs présents sur les cellules rétiniennes pour identifier un type spécifique à cibler avec des vecteurs viraux adéno-associés (AAV). Lucia Cinque, cofondatrice de WhiteLab, affirme : « Désormais, nous savons que la thérapie génique devra cibler les photorécepteurs ». Ces derniers sont responsables d’environ 70% des pathologies rétiniennes, ce qui rend leur ciblage crucial.
Pour progresser dans cette direction, le projet s’efforcera d’explorer divers AAV capables d’atteindre efficacement ces photorécepteurs. L’utilisation combinée d’IA permettra non seulement d’accélérer ce processus mais aussi d’affiner le choix des candidats. Lucia Cinque annonce ainsi : « Nous espérons trouver d’ici à 6 mois entre 5 000 et 10 000 vecteurs ».
Des attentes élevées autour du financement et du soutien institutionnel
Serge Picaud, directeur de l’Institut de la vision, exprime ses espoirs concernant le potentiel du projet Gear pour faire avancer les thérapies géniques. Ce travail fait partie intégrante d’un effort plus large mené par l’institut dans différents domaines tels que la neuropathie optique de Leber et la rétinopathie pigmentaire. Il déclare avec conviction : « Il n’y a pas de fatalité à la cécité ».
Le financement du projet provient également du programme France 2030 qui alloue 4 millions d’euros au développement des thérapies géniques pilotées par l’IA en France. Ce soutien financier renforce l’objectif stratégique visant à positionner le pays comme leader mondial dans ce secteur innovant.
L’Institut de la vision joue un rôle clé dans cet écosystème
Situé sur le campus hospitalier des Quinze-Vingts (AP-HP), l’institut fait partie intégrante du centre hospitalo-universitaire Foresight regroupant divers établissements médicaux et chercheurs engagés dans ce domaine novateur. Grâce aux synergies créées entre ces entités et au soutien gouvernemental accru pour promouvoir les technologies avancées en médecine régénérative, il est prévu que plusieurs breakthroughs émergent rapidement.
Ce contexte favorise non seulement le développement scientifique mais également une dynamique collaborative essentielle pour transformer radicalement notre approche face aux maladies oculaires graves.