Le trouble bipolaire est une maladie psychiatrique chronique complexe, souvent confondue avec la dépression. Un diagnostic tardif peut avoir des conséquences graves sur la santé mentale et physique des patients. Une nouvelle étude menée au CHU de Montpellier pourrait améliorer le dépistage grâce à l’utilisation de biomarqueurs.
- Le trouble bipolaire est complexe
- La confusion avec la dépression est fréquente
- Un diagnostic tardif est dangereux
- Une étude au CHU de Montpellier espère améliorer le dépistage
Définition du trouble bipolaire selon le Pr Raoul Belzeaux
Le trouble bipolaire se caractérise par trois types de signes cliniques : euthymie, phases hypomaniaques et maniaques, et phases dépressives.
Euthymie
La phase d’euthymie est marquée par une bonne santé mentale où le patient se sent plutôt bien.
Phases hypomaniaques et maniaques
Ces phases sont marquées par l’excitation, l’hyperactivité, l’insomnie sans fatigue, une désinhibition sociale et sexuelle, ainsi qu’une irritabilité accrue. Ces comportements peuvent entraîner des risques importants et des dépenses financières inconsidérées.
Phases dépressives
Les phases dépressives sont ressenties comme un vide émotionnel, avec un manque d’envie, des difficultés de concentration, parfois accompagnées d’idées suicidaires. Sans traitement approprié, environ 60% du temps est consacré à la phase dépressive.
Confusion fréquente entre dépression et trouble bipolaire
La confusion entre ces deux troubles est courante car la dépression est souvent le principal motif de consultation chez les patients atteints de trouble bipolaire. Le Pr Belzeaux souligne que « la dépression représente la phase la plus visible au début de la maladie ». Cette situation complique le diagnostic en raison du caractère cyclique du trouble. De fait, chez les médecins généralistes, il existe un risque de 10% qu’un patient présentant des symptômes dépressifs ait en réalité un trouble bipolaire non diagnostiqué ; ce taux grimpe à 20-40% en consultation psychiatrique.
Dangers liés à un traitement inapproprié
Un diagnostic erroné peut mener à prescrire des antidépresseurs aux patients souffrant réellement d’un trouble bipolaire. Selon le Pr Belzeaux, « les antidépresseurs sont préjudiciables » dans ce contexte car ils peuvent aggraver les symptômes ou provoquer un virage vers une phase hypomaniaque. Les conséquences d’un mauvais traitement incluent : – L’aggravation générale du bien-être mental, – L’augmentation du risque suicidaire, – La potentialité pour les cycles rapides dus aux fluctuations induites par les traitements inadaptés.
Conséquences physiques liées au retard de diagnostic
L’absence de prise en charge adéquate augmente aussi les risques liés à la santé physique : – Risque accru d’obésité ou surpoids – Tendance plus élevée aux addictions. En effet, plus le délai avant le bon diagnostic s’allonge, plus ces problèmes deviennent préoccupants pour les patients concernés.
