Mopevac : la nouvelle plateforme vaccinale de l’Institut Pasteur effectue son premier essai

Un vaccin prometteur contre la fièvre de Lassa entre en phase d’essai clinique

Mopevac : la nouvelle plateforme vaccinale de l’Institut Pasteur effectue son premier essai

  • Institut Pasteur commence phase 1a vaccin MopevacLAS
  • Févère Lassa provoque 5 000 à 6 000 morts par an en Afrique de l'Ouest
  • Vaccin atténué basé sur virus Mopeia créé contre Lassa
  • Équipe examine innocuité et efficacité vaccin chez l'homme

L’Institut Pasteur et l’équipe dirigée par Sylvain Baize entament une étape décisive avec le lancement de la phase 1a du premier vaccin basé sur la plateforme Mopevac. Prévu pour début 2026, cet essai impliquera 72 volontaires sains recevant le vaccin MopevacLAS, ciblant l’arénavirus responsable de la fièvre hémorragique de Lassa. Si les résultats sont concluants, cela pourrait ouvrir la voie à d’autres vaccins visant des virus sud-américains.

La fièvre de Lassa cause un nombre élevé de décès chaque année

Chaque année, la fièvre de Lassa est responsable de 5 000 à 6 000 morts en Afrique de l’Ouest. Selon Sylvain Baize, « sa létalité est de 20 à 30%, avec une physiopathologie similaire à celle du virus Ebola ». Contrairement aux épidémies d’Ebola, celles liées à la fièvre Lassa résultent d’une combinaison unique de transmission interhumaine et zoonotique grâce au rat du Natal, qui cohabite avec les populations humaines. Baize précise que « les épidémies touchent plus de pays qu’avant », bien qu’il soit difficile d’affirmer si leur fréquence a augmenté.

Les cas sont particulièrement fréquents en Sierra Leone, au Liberia, en Guinée Conakry et au Nigeria. Le virus est également devenu endémique au Bénin depuis une dizaine d’années et on observe des cas sporadiques au Mali et en Côte d’Ivoire. Néanmoins, le potentiel pandémique du virus reste limité car sa transmission nécessite un contact direct avec les fluides biologiques d’un patient symptomatique.

Le développement innovant d’un vaccin vivant atténué

Sylvain Baize souligne : « Pour obtenir une protection longue et efficace proche de celle provoquée par une infection naturelle, rien ne bat les vaccins vivants atténués ». Ces types de vaccins ont fait leurs preuves contre des maladies comme la fièvre jaune ou la rougeole. Cependant, créer un vaccin vivant atténué à partir d’un virus sauvage est souvent long et complexe.

L’équipe a donc opté pour une approche différente : modifier un virus apparenté au virus Lassa pour concevoir un vaccin inoffensif. En effet, ils ont découvert que le virus Lassa partage 75% d’homologie séquencielle avec le virus Mopeia, qui n’est pas pathogène chez l’homme.

L’approche scientifique derrière MopevacLAS

L’essai sera randomisé et comportera différentes doses afin d’évaluer l’innocuité du produit surtout aux doses élevées ayant démontré leur efficacité protectrice chez l’animal. Un succès dans cette étape pourrait encourager des financements supplémentaires pour développer davantage des vaccins sur cette plateforme innovante.

Vers un avenir plus sûr grâce aux vaccins ciblant plusieurs arénavirus

Ce projet pourrait également donner un coup de pouce aux autres candidats-vaccin développés via Mopevacnotament celui ciblant cinq arénavirus sud-américains (Junin, Machupo, Chapare, Guanarito et Sabiá). Récemment validé chez des souris était aussi prévu un vaccin contre la fièvre hémorragique Crimée-Congo.

« Si notre essai phase 1 fonctionne contre le virus de Lassa, cela donnera peut-être envie à Cepi [Coalition for Epidemic Preparedness Innovations] de soutenir nos candidats-vaccins », conclut Sylvain Baize plein d’espoir quant aux retombées futures possibles sur ces recherches vitales dans ce domaine sanitaire crucial.

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