Guillaume Rivière, 44 ans, vit avec un trouble de la personnalité borderline, diagnostiqué en 2015. Il se bat pour une meilleure reconnaissance et prise en charge de cette pathologie méconnue en France. À travers son témoignage et son livre « Ombre et lumière : récit d’un borderline », il espère sensibiliser le public et les professionnels de santé.
- Guillaume combat le trouble borderline
- Guillaume lutte contre des addictions
- Guillaume exprime ses doutes sur la prise en charge médicale
- Guillaume lutte pour une meilleure reconnaissance et prise en charge sociale
Guillaume Rivière vit avec un trouble méconnu
Guillaume Rivière, cuisinier formé de Castres, a été diagnostiqué borderline en 2015. Ce trouble est souvent mal compris et sous-estimé par le milieu médical français. Selon lui, « personne n’est vraiment formé là-dessus » et les médecins se concentrent sur les symptômes plutôt que sur la maladie elle-même.
Pour Guillaume, être borderline signifie vivre constamment avec des « idées noires » et ressentir un sentiment de vide permanent. Ce quotidien est marqué par des angoisses intenses et une lutte contre diverses addictions. Dans son cas personnel, il a fait face à des dépendances à la cocaïne, au cannabis, ainsi qu’aux médicaments ; aujourd’hui, il lutte contre l’addiction au sucre et aux réseaux sociaux.
Les effets dévastateurs du trouble borderline
Les symptômes du trouble sont lourds : angoisses paralysantes, dépression chronique et émotions exacerbées accompagnent Guillaume chaque jour. Actuellement sous traitement médicamenteux qui inclut des anti-psychotiques augmentés pour gérer son anxiété nocturne, il exprime ses doutes quant à leur efficacité : « Je suis complètement sonné avec ça ». En France, ce type de trouble toucherait entre 2% et 6% de la population mondiale.
L’accès aux soins reste un défi majeur pour ceux qui souffrent du syndrome borderline. Bien qu’il consulte régulièrement un psychiatre tous les quinze jours, Guillaume souligne que la psychothérapie est cruciale mais difficilement accessible financièrement car non remboursée par la Sécurité sociale ou sa mutuelle.
Un quotidien marqué par l’isolement social
Malgré ces défis colossaux, Guillaume réussit à maintenir une vie active tant bien que mal.
Avant d’être arrêté pour des problèmes médicaux liés au dos, il travaillait comme agent polyvalent dans la restauration collective pour la mairie de Castres sous le statut de travailleur handicapé (RQTH). Malheureusement, il ne se sent pas reconnu ni soutenu dans cet environnement professionnel : « J’évite au maximum les conflits… sinon ça me déclenche des angoisses ». Face à ce manque d’accompagnement adéquat dans sa vie professionnelle comme personnelle, Guillaume a pris l’initiative de créer un groupe WhatsApp rassemblant environ trente personnes touchées par le même problème en France ainsi qu’à l’international (Canada, Belgique).
Il œuvre actuellement avec une ergothérapeute canadienne afin d’améliorer les connaissances autour du trouble.
Un parcours semé d’embûches depuis l’enfance
Guillaume a vécu avec ce trouble depuis son enfance sans avoir reçu le diagnostic approprié avant ses 44 ans. À seulement 16 ans déjà il ressentait quelque chose ne tournant pas rond dans sa vie lorsqu’il a tenté de mettre fin à ses jours pour la première fois.
La combinaison d’une rupture familiale brutale et d’une consommation précoce de drogues ont exacerbé sa souffrance psychologique pendant plusieurs années jusqu’à son diagnostic officiel en 2015. Depuis cette annonce soulageante où enfin « je savais de quoi je souffrais », Guillaume bénéficie également du soutien précieux de sa femme Christelle qui partage chaque jour cette lutte auprès de lui. Elle souligne que vivre avec une personne atteinte du syndrome borderline représente un véritable défi : « Vivre avec une personne borderline c’est un parcours du combattant ».
Un appel urgent à sensibiliser sur le sujet
Aujourd’hui déterminé plus que jamais à briser le silence concernant ce trouble invalidant souvent ignoré ou incompris par le grand public ainsi que par le corps médical français, Guillaume souhaite publier son tapuscrit intitulé « Ombre et lumière : récit d’un borderline ». Son souhait est clair : obtenir plus d’aide médicale adaptée pour ceux qui vivent avec cette pathologie tout autant qu’une meilleure reconnaissance sociale. Il conclut sur une note empreinte d’espoir car malgré toutes ces épreuves vécues jusqu’ici : « C’est une maladie invalidante ; il faut agir ».
