Quelle est la raison de la baisse de la France dans les classements mondiaux ?

La France semble souffrir d’une illusion d’optique en matière de recherche scientifique. Bien que le pays ait connu un record dans le nombre de publications, son classement mondial a chuté. En 2018, la France était parmi les six premiers pays producteurs de savoirs scientifiques, mais elle est désormais tombée à la 13e position, selon l’Observatoire des sciences et techniques (OST). Ce phénomène est qualifié « d’érosion » par ses auteurs.

  • France chuté dans classement mondial
  • Chine, Inde, Brésil dynamisent recherche
  • Augmentation publications sans garantir qualité
  • Problèmes structurels entravent recherche française

Les pays émergents dynamisent la recherche mondiale

Ce recul s’explique par l’émergence de nouveaux acteurs sur la scène internationale. Comme le précise Frédérique Sachwald, directrice de l’OST : « En se développant, la Chine, bien plus peuplée, mais aussi l’Inde et le Brésil ont progressivement investi dans la recherche ». Aujourd’hui, environ 25% des contributions scientifiques mondiales proviennent de Chine. Les États-Unis suivent avec 15%, tandis que la France ne représente plus qu’environ 2%.

Une quantité accrue ne garantit pas une meilleure qualité scientifique

Il ne suffit pas d’augmenter le volume des publications pour garantir leur impact ou leur qualité. Selon Paolo Crosetto, économiste à l’Inrae : « De nombreux pays ont mis en place des incitations qui ont entraîné une flambée des publications faciles ». La situation n’est guère plus réjouissante si on considère uniquement les recherches influentes publiées dans les revues les plus citées; ici encore, la France a rétrogradé au 8e rang depuis 2005.

Des problèmes structurels entravent le bon fonctionnement de la recherche française

L’organisation bureaucratique et un manque d’investissement sont également pointés du doigt. Les chercheurs rapportent souvent que faire avancer leurs projets en France est compliqué par des démarches administratives lourdes et chronophages. Par ailleurs, Frédérique Sachwald souligne que « les dépenses publiques en recherche sont autour de 0,9% du PIB en Allemagne contre seulement 0,8% en France ».

Le Brexit crée une opportunité manquée pour renforcer notre positionnement européen

Loin d’en tirer profit après le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, la France doit composer avec un système qui limite son potentiel face à ses voisins européens tels que l’Allemagne. Le ministère français a noté que même si nous sommes devenus les deuxièmes bénéficiaires du programme Horizon Europe, il reste insuffisant comparativement aux demandes soumises. À retenir : Les défis auxquels fait face la recherche française nécessitent une attention particulière pour inverser cette tendance préoccupante. Il est essentiel pour notre pays d’attirer davantage de talents et d’améliorer son système administratif afin d’encourager une dynamique positive dans le domaine scientifique.

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