Cancer du sein pendant sa grossesse : Camille raconte sa chimiothérapie et son accouchement prématuré à trois mois de grossesse

Diagnostiquée d’un cancer du sein alors qu’elle était enceinte de trois mois, Camille Petit a dû suivre une chimiothérapie et accoucher prématurément pour être soignée au plus vite. À 30 ans, devenue maman, elle témoigne de ce combat pour soutenir les femmes confrontées à la maladie.

Cancer du sein pendant sa grossesse : Camille raconte sa chimiothérapie et son accouchement prématuré à trois mois de grossesse

Câliner Maël, son fils, est pour Camille Petit la plus belle des récompenses. À 30 ans, elle a déjà affronté un cancer du sein, diagnostiqué pendant sa grossesse, qui menaçait à la fois elle et son bébé. « C’est mon petit miracle à moi, de me dire ça comme ça. J’ai eu énormément de chance dans mon malheur. Enfin, dans notre malheur, parce que ça a été notre combat à tous les deux. Il s’est battu avec moi, il m’a donné énormément de force », confie la jeune maman.

Enceinte de trois mois, Camille Petit découvre une boule dans son sein gauche. Cette tumeur, boostée par les hormones, triple de volume en quelques jours. Elle doit se soumettre en urgence à une chimiothérapie, puis, à huit mois de grossesse, il faut accoucher pour freiner la progression du cancer. « Le faire sortir plus vite, ça permettait de faire chuter mes hormones de grossesse le plus rapidement possible et de me faire opérer aussi le plus rapidement possible derrière. On était partagés entre un moment incroyable et la peur de mourir. C’est à ce moment-là, où je l’ai eu, que j’ai pris conscience que le cancer allait aussi me voler mon accouchement », souligne-t-elle.

Aujourd’hui, la mère et son fils vont bien. Camille devra prendre pendant dix ans des médicaments pour éviter la rechute. « C’est ce qu’il faut pour rester en vie, donc je fais ce qu’il faut », assure-t-elle.

Des facteurs qui interrogent

Chaque année en France, 3 000 femmes ont un cancer du sein avant 40 ans, soit 50 % de plus qu’en 1990. Pour sa médecin, il est urgent de comprendre pourquoi la maladie touche autant les jeunes. « Il y a les facteurs généraux à tout cancer : la génétique, le tabac, l’alcool, ça c’est commun à tous les cancers. Et après, sur les cancers hormonodépendants, on se pose la question des perturbateurs endocriniens », explique Ilham Tehri, gynécologue au Centre Hospitalier de Quimper (Finistère).

Après cette épreuve, Camille Petit se sent investie d’une mission. « Je témoigne parce que, quand on m’a fait l’annonce du cancer, je me suis sentie seule. Du coup, j’aimerais que si, malheureusement, ça arrive encore à l’une de nous, qu’elle ait quelqu’un sur qui s’appuyer et qu’elle puisse savoir que tout peut bien se passer. » Dans quelques mois, elle retournera au travail et laissera Maël chez sa nounou.