60 Millions de consommateurs veut un indicateur du « degré de transformation » des produits, au-delà du Nutri-Score

Le Nutri-Score « n’est plus suffisant », estime 60 Millions de consommateurs, qui réclame un indicateur du « degré de transformation du produit ». Dans l’éditorial de son magazine de novembre/décembre, en kiosque le mercredi 4 novembre, la rédactrice en chef adjointe des hors-séries, Sophie Coisne, détaille cette proposition.

60 Millions de consommateurs veut un indicateur du « degré de transformation » des produits, au-delà du Nutri-Score

Après avoir analysé 16 familles de produits, le magazine alerte sur la présence des produits ultratransformés dans les rayons. « Dans les supermarchés, ce type de produit est roi », ajoute Sophie Coisne. Selon elle, c’est aussi vrai pour les produits bio, les alternatives vegan ou pour les marques Bjorg ou Gerblé, qui affichent des mots recherchés par les consommateurs, comme « fibre », « complet », « céréale » ou « fruit ».

Le consommateur ne va « pas avoir l’idée d’aller regarder les ingrédients derrière », déplore Sophie Coisne auprès de franceinfo, alors que c’est pourtant là que se trouvent les informations. Sur la santé, l’impact de ces ultratransformations est « bien documenté », souligne-t-elle : « Chez les gros consommateurs, ce type d’aliments augmente le risque d’obésité, de maladie cardio-vasculaire, de diabète… »

Quelques repères pour repérer ces produits

Le magazine de l’Institut national de la consommation (INC) propose plusieurs conseils. Il suggère de regarder si la liste d’ingrédients dépasse cinq éléments, et de repérer les « marqueurs d’ultratransformation » : arômes, émulsifiant ou épaississant, ingrédients fragmentés comme « protéines de… », « fibre de… » ou « amidon modifié ». Il conseille aussi de vérifier si le produit est prêt à consommer, avec une texture et un goût standardisés.

Sophie Coisne recommande de privilégier les « produits natures », plutôt que les produits aux fruits, où des arômes sont souvent ajoutés, car ils coûtent moins cher que les produits frais.

Une pétition pour un étiquetage spécifique

Le magazine plaide pour un affichage obligatoire du degré de transformation du produit. La fédération de patients France Assos Santé, l’application Yuka et l’association Foodwatch ont lancé une pétition pour réclamer un étiquetage spécifique et obligatoire de l’ultratransformation sur la face avant des emballages. À ce jour, près de 230 000 signatures ont été recueillies.

Dans les supermarchés, six produits sur dix sont ultratransformés, selon une enquête de Foodwatch d’avril dernier.