Derrière des mentions comme « sans conservateur » ou « sans colorant », certains produits contiennent d’autres additifs, parfois controversés, selon les résultats publiés par Yuka et l’association Que Choisir. Ces associations de défense des consommateurs épinglent une vingtaine de produits transformés.
L’application Yuka alerte notamment sur des bonbons « sans colorant artificiel », fabriqués avec des émulsifiants et des acidifiants. Un sachet de riz cantonais « sans arômes artificiels » contient des conservateurs et des épaississants, tandis que des wraps renferment des phosphates.
Selon certaines études, les phosphates ne sont pas sans danger pour les enfants. « C’est l’agence sanitaire de l’Union européenne qui a démontré que les enfants, dans une consommation standard de produits du quotidien, étaient trop exposés aux phosphates à cause de ces additifs rajoutés dans les produits », indique Zoé Kerlo, ingénieure toxicologue chez Yuka.
Ces informations ne surprennent pas forcément les clientes interrogées. « Sûrement », admet l’une d’elles, qui reconnaît ne pas forcément retourner l’emballage pour vérifier. Une autre souligne : « Maintenant, on demande une qualité de produit, mais également on demande à ce que des produits durent dans le temps. Bon, je veux dire, s’il faut qu’ils soient périmés en l’espace de 24 heures, ça ne peut pas marcher ».
Une technique de vente ancienne
Ces emballages qui envoient des messages rassurants relèvent d’une technique de vente bien connue. Selon Pierre-Louis Desprez, consultant en innovation et en marques, « dans le marketing, on utilise cette technique depuis très longtemps pour focaliser l’attention du consommateur sur les informations qu’on souhaite qu’il voie et le détourner des informations qu’on pense qu’il ne doit pas voir ou qu’il doit un petit peu sous-catégoriser ».
Ces additifs, censés améliorer la conservation, la texture ou le goût, restent difficiles à repérer, d’autant qu’une décision d’achat ne prend parfois que quelques millisecondes.

