Virus Shamonda : le premier cas humain n’est  » pas une préoccupation en termes de santé publique « 

Le virus Shamonda, transmis par de petits moucherons, circule dans les élevages français depuis l’été. Pour la première fois, il a été identifié chez un être humain : le patient, décédé début octobre à Lyon (Rhône), avait des défenses immunitaires très affaiblies. Les autorités sanitaires n’identifient à ce jour aucun risque pour la population générale.

Virus Shamonda : le premier cas humain n’est » pas une préoccupation en termes de santé publique «

Âgé d’une soixantaine d’années, le patient avait été pris en charge à Lyon dans un état grave. Il était porteur du virus, que l’on pensait jusque-là non transmissible à l’homme, et souffrait d’une maladie grave ainsi que d’une absence de défenses immunitaires.

Selon les spécialistes, il n’existe à ce jour pas de menace pour la population générale. « C’est quelqu’un d’immunodéprimé, qui est à risque de faire des choses un petit peu particulières. Le contexte aurait été complètement différent si c’était quelqu’un qui était en bonne santé. Là, c’est une interrogation scientifique, mais pas une préoccupation en termes de santé publique », explique le Pr Jean-Daniel Lelièvre, immunologiste à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (AP-HP).

Une transmission par les moucherons

En général, le virus circule chez les bovins. Ce sont de petits moucherons qui le diffusent d’une bête à l’autre. Pour l’homme, c’est sans doute ce qui s’est passé : un insecte aurait piqué une vache infectée, avant de contaminer le patient.

Une propagation qui inquiète

Originaire du Nigeria, le virus a été identifié pour la première fois cet été dans des troupeaux français. Il s’est répandu chez les vaches, mais aussi parfois chez les moutons, et un total de 54 départements est touché. Même s’il n’est pas mortel, c’est sa vitesse de propagation qui préoccupe.

« Avant juin 2026, c’était une maladie animale exotique. On s’est rendu compte, cet été, en France, avec les agriculteurs et les vétérinaires, qu’elle n’était plus exotique puisqu’elle avait atteint plusieurs pays européens. Et aujourd’hui, elle atteint le premier cas humain. On sent l’accélération d’une évolution concernant ce pathogène », résume le Pr Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat (AP-HP).

Par ailleurs, 75% des nouvelles maladies infectieuses qui touchent l’homme proviennent des animaux.