Inégalités de santé et prévention : un défi pour les politiques publiques
La France a toujours fait figure d’exemple en matière d’accès aux soins, offrant une couverture quasi universelle à sa population. Cependant, malgré des progrès indéniables dans le domaine médical, la prévention reste le parent pauvre des politiques publiques de santé.
L’accès aux soins est universel mais la prévention est négligée
En France, l’espérance de vie a considérablement augmenté au cours du siècle dernier. Toutefois, ce succès se heurte à un paradoxe : bien que l’accès aux soins soit garanti et efficace pour tous les citoyens, la part dédiée à la prévention dans les dépenses de santé n’est que de 2,6 %. Cette situation crée des inégalités flagrantes en matière de santé publique.
Les inégalités sociales pèsent sur l’efficacité des mesures préventives
Les disparités sociales influencent fortement l’accès à la prévention. Les populations défavorisées ont moins souvent accès à une alimentation saine ou à un environnement adapté pour pratiquer une activité physique régulière. En conséquence, elles sont plus exposées aux risques liés au tabagisme, à l’obésité ou encore au diabète.
Selon le Pr Antoine Flahault de l’Université Paris Cité : « Les déterminants sociaux jouent un rôle crucial dans les comportements liés à la santé. Pour réduire ces inégalités, il faut s’attaquer directement aux causes actionnables comme le tabagisme ou l’hypertension. »
L’influence sociale et économique sur les comportements de santé
Même si beaucoup connaissent les recommandations sanitaires telles que consommer cinq fruits et légumes par jour ou marcher 10 000 pas quotidiens, ces conseils restent peu appliqués par certaines catégories sociales. La publicité omniprésente ainsi que les conditions socio-économiques difficiles limitent leur mise en pratique.
S’attaquer efficacement aux déterminants actionnables peut réduire les inégalités
Pour lutter contre ces inégalités persistantes et améliorer la qualité de vie globale sans recourir uniquement à des réformes économiques utopiques, il serait judicieux d’investir davantage dans des plans nationaux ciblés sur des enjeux spécifiques tels que le diabète et l’obésité.
*Pr Antoine Flahault*, Université Paris Cité

