Pour lutter contre les déserts médicaux, 3 000 docteurs juniors sont déployés en France. Dans les Deux-Sèvres, Aliénor Tripoz effectue sa dernière année d’études dans un cabinet sans médecin depuis cinq ans. Ce dispositif permet de répondre à une forte demande, mais son efficacité à long terme interroge.
Le cabinet dans lequel la jeune généraliste exerce se trouve à La Forêt-sur-Sèvre, un désert médical. Aliénor Tripoz y effectue sa dixième et dernière année d’études, dans le cadre d’un dispositif nouveau. Dès son premier jour, son agenda était déjà plein. « Là, il est déjà rempli, donc on voit qu’il y a une forte demande quand même assez importante », constate-t-elle.
Une patiente, rencontrée ce jour-là, résume le besoin local : « Je pense qu’on manque énormément de médecins et il faut qu’on ait des médecins dans nos campagnes. »
La jeune généraliste touchera 2 700 euros, primes comprises. Elle est supervisée par le Dr Ludivine Ménard, médecin titulaire. Les deux praticiennes ont été mises en relation via une plateforme, dont le fonctionnement est décrit par le Dr Ménard : « On peut apparenter ça à un site de rencontre. On met finalement des notes sur le docteur junior qu’on souhaite recevoir. Lui met des notes aussi sur le maître de stage chez qui il veut aller. Après, il y a un appariement qui se fait automatiquement par l’IA, il me semble. »
Une solution temporaire pour lutter contre les déserts médicaux ?
Comme Aliénor Tripoz, 3 000 docteurs juniors sont déployés en France. Reste à savoir si cela peut suffire à combler le manque de praticiens. La jeune médecin souligne la durée limitée de son affectation : « On est ici pour une durée de 6 mois à 1 an, selon si on veut renouveler ou non dans ce cabinet précis. Et après, ce sera d’autres internes qui viendront. Donc c’est pour ça que cette solution-là pour les déserts, on n’a pas l’impression que ce soit franchement vraiment la solution pour les internes. En tout cas, c’est pas ça. »
Aliénor Tripoz ne restera pas dans les Deux-Sèvres à la fin de son stage. Elle s’installera définitivement dans les Hauts-de-France, un autre désert médical.

