En France, 2,4 millions de personnes sont atteintes de psoriasis. Au-delà des plaques sur la peau, la maladie peut profondément affecter le quotidien, en particulier dans ses formes modérées à sévères. Le Pr Pascal Joly, chef du service de dermatologie du CHU de Rouen (Seine-Maritime), juge cette souffrance encore insuffisamment prise en compte.
Selon le spécialiste, les patients souffrent avant tout du regard des autres. « Nombreux sont ceux qui n’osent plus porter certains vêtements, renoncent à aller à la piscine ou se replient progressivement sur eux-mêmes. Ce sentiment d’isolement peut parfois conduire à une dépression, voire à des conduites addictives », décrit-il.
Les répercussions dépassent largement la sphère personnelle. « Dans le monde du travail, certains patients sont encore confrontés à des réactions incompréhensibles », poursuit le Pr Joly. D’autres souffrent d’une atteinte articulaire liée au rhumatisme psoriasique, qui peut entraîner des arrêts de travail.
La prise en charge a changé la donne
Le spécialiste souligne que la prise en charge du psoriasis a profondément évolué. « Les progrès thérapeutiques ont été absolument spectaculaires. Des personnes couvertes de plaques depuis des dizaines d’années retrouvent une peau presque totalement saine. Peu de maladies ont connu une telle révolution thérapeutique », souligne-t-il.
Les bénéfices ne se limitent pas à la disparition des plaques. « Les patients retrouvent une vie normale. Leur qualité de vie s’améliore de façon remarquable, dans leur vie familiale, professionnelle, de couple et jusque dans leur bien-être psychologique », précise le dermatologue.
Consulter, un premier pas vers le changement
Malgré ces avancées, de nombreux patients renoncent avant même de prendre rendez-vous, « par découragement, parce qu’ils pensent devoir apprendre à vivre avec leur psoriasis », affirme le Pr Joly. Reprendre le parcours de soins peut pourtant constituer un véritable tournant. « Beaucoup de patients ont entendu pendant des années qu’ils devraient vivre toute leur vie avec leurs plaques de psoriasis. Aujourd’hui, ce n’est plus vrai », insiste-t-il. Ceux qui n’ont pas consulté depuis longtemps peuvent reprendre contact avec leur médecin traitant, qui pourra les orienter si besoin vers un dermatologue.
Le spécialiste rappelle qu’il ne faut plus considérer le psoriasis comme une fatalité. « Si cette maladie ne se guérit pas au sens strict, nous savons aujourd’hui la traiter très efficacement. Il ne faut surtout pas renoncer à consulter. » L’association de patients France Psoriasis propose plusieurs ressources, dont une ligne d’écoute nationale destinée à informer, orienter ou aider à préparer sa consultation.
Une campagne de sensibilisation
À l’occasion de la Journée mondiale du psoriasis, AbbVie, en partenariat avec France Psoriasis, poursuit une campagne visant à encourager les personnes vivant avec un psoriasis à reprendre le chemin des soins. Le site cestclairetnet.fr propose des témoignages et des conseils destinés à aider les patients à optimiser leurs consultations et à devenir acteurs de leur prise en charge.

