Déserts médicaux : 3 000 docteurs juniors arrivent lundi pour « des délais un peu moins longs »

Environ 3 000 docteurs juniors sont déployés en France à partir du lundi 2 novembre, notamment dans les territoires qui manquent cruellement de médecins généralistes. Ces jeunes praticiens, pas tout à fait diplômés, effectuent leur dernière année d’études sur le terrain et mènent des consultations en toute autonomie.

Déserts médicaux : 3 000 docteurs juniors arrivent lundi pour « des délais un peu moins longs »

Les patients pourraient donc croiser ce nouveau type de médecin dans le cabinet de leur généraliste ou dans un centre de santé. Pierre Gitz fait partie de ces docteurs juniors. Il exercera pendant un an, dans la maison de santé de Diemeringen, dans le Bas-Rhin, où il consultera seul. « La consultation se passe en autonomie, le maître de stage n’est pas forcément présent à côté ou sur place, mais il est toujours joignable si jamais on a le moindre doute ou la moindre question. »

Cette année correspond à la dixième et dernière année d’études, fruit de la réforme des études de médecine générale. « On est la première promotion à avoir une année supplémentaire, donc une année de docteur junior », relève-t-il.

Son maître de stage sera le docteur Matthieu Kurtz, médecin généraliste installé dans la même maison de santé. « L’idée, c’est que les patients restent mes patients, j’en suis le médecin traitant, et donc on aura quand même des moments d’échange pour savoir ce qui s’est passé, quelle a été la suite de la prise en charge éventuellement », explique-t-il.

La maison de santé se trouve dans une région vallonnée et forestière surnommée « l’Alsace bossue », présentée comme un désert médical. « Pour une consultation sans urgence, il y a environ quatre à six semaines de délai », précise Matthieu Kurtz. Certains patients font presque une heure de route pour venir jusqu’au cabinet. « On a des patients qui font quasiment une heure de route pour venir chez nous parce qu’ils n’ont pas de médecin plus proche. »

L’arrivée d’un docteur junior doit permettre de réduire ces délais. « Ça va nous permettre d’étoffer un petit peu l’offre de soins. Avec la possibilité de suivre de nouveaux patients et d’ouvrir plus de créneaux de consultation, ça nous permet d’avoir des délais un peu moins longs. »

Une prime pour exercer dans un désert médical

Selon le reportage, la plupart des étudiants n’étaient pas favorables à cette année supplémentaire. Les docteurs juniors seront payés 2 400 euros bruts par mois par les CHU dont ils dépendent, auxquels s’ajoutent diverses primes. L’une d’elles concerne l’exercice dans un désert médical, choisi finalement par 80 % des docteurs juniors.

Pour Pierre Gitz, cette année sera aussi un test. Il pourrait choisir de s’installer durablement à Diemeringen. « Je veux exercer plus tard en milieu rural, c’était une opportunité », juge-t-il. « Ça permet déjà de se familiariser avec un endroit pour voir si éventuellement on peut s’y installer plus tard, voire y vivre. »

Matthieu Kurtz, lui, espère que son futur collègue restera. « Je ne cache pas mon envie qu’il reste, on va tout faire pour qu’il reste ! » Au total, 3 000 docteurs juniors en médecine générale exerceront donc en France, et 500 autres les rejoindront à partir du mois de mai.