Remèdes de grand-mère pour l’immunité : sont-ils vraiment efficaces et sans danger ?

Avec la baisse des températures, les virus reprennent de la vigueur à l’automne, et les réseaux sociaux regorgent de remèdes présentés comme capables de « booster l’immunité ». Mais naturel ne veut pas dire inoffensif, et certains de ces produits peuvent présenter de réels dangers.

Remèdes de grand-mère pour l’immunité : sont-ils vraiment efficaces et sans danger ?

Parmi les recettes les plus partagées, figure un remède de grand-mère à base de miel et d’ail. Il est présenté par Annaëlle Renard, influenceuse naturopathe, qui le recommande pour traverser l’hiver. « Ce sont deux ingrédients qui ont de bonnes propriétés antimicrobiennes et anti-inflammatoires », souligne-t-elle. L’ail doit fermenter plusieurs semaines dans le miel. Selon l’influenceuse, il s’agit d’un vrai coup de pouce pour l’immunité : « Le but, c’est plutôt de soutenir les défenses naturelles du corps pour, au quotidien, se sentir mieux, se sentir plus énergique », assure-t-elle. La recette est devenue virale et multiplie les promesses.

Des médecins alertent pourtant sur les risques. Mal préparé, ce mélange ail-miel peut être à l’origine d’une maladie potentiellement grave, le botulisme. « C’est une maladie qui est mortelle dans 5 à 10 % des cas, à la suite de bocaux mal préparés et surtout mal traités par la chaleur, par stérilisation ou pasteurisation des produits réalisés », explique le Dr Marie Bonneau, médecin généraliste et membre du Syndicat ReAGJIR.

Pour dénoncer certains pseudo-remèdes vantés en ligne, la médecin a lancé une campagne de sensibilisation sur internet. Selon elle, ces produits sont, la plupart du temps, anodins et inoffensifs, même s’ils sont aussi inefficaces. « Le grand danger, c’est si le discours avec lequel ils sont donnés éloigne du soin », avertit-elle.

Certains remèdes fonctionnent, mais pas sans accompagnement

Des médecins reconnaissent cependant l’efficacité de certains remèdes traditionnels, comme un café dès les premiers symptômes de migraine ou des gargarismes d’eau salée contre le mal de gorge. Dans une herboristerie parisienne, la vente repose sur les principes actifs de 350 plantes, précisément ce que viennent chercher les clients. « Moi j’y crois, absolument. Il y a des recettes qui marchent », affirme l’un d’eux. Une autre cliente cite le romarin et le thym : « Le romarin, c’est bon pour la digestion, c’est bon pour tout. Le thym quand on est enrhumé. »

La responsable de la boutique insiste toutefois sur la nécessité d’un conseil préalable. « N’oubliez pas que si vous prenez des anticoagulants, il faut faire très attention. Toute personne qui vient chez nous pour une pathologie particulière, on lui pose toujours la question : est-ce que vous prenez des traitements médicaux ? Un anticoagulant, un hypotenseur, un antidiabétique, parce que les plantes peuvent interférer avec le traitement », souligne Carole Deleage, directrice de boutique de l’Herboristerie du Palais Royal.

Pauline Pierre, dirigeante de la même enseigne, rappelle elle aussi que « naturel ne veut pas dire inoffensif ». « Il faut que ce soit conseillé par quelqu’un de qualifié, avec un cadre, parce que ça peut à mauvais escient faire plus de mal que de bien », souligne-t-elle. Les médecins rappellent qu’en cas de symptômes importants ou persistants, rien ne remplace une consultation.