Les premiers résultats de l’étude CLIMATERE sont diffusés à l’occasion des Assises nationales de la ménopause. Ils suggèrent qu’une consultation consacrée à cette période ne devrait pas se limiter aux cycles, aux hormones et aux bouffées de chaleur.
- La prise en charge de la ménopause doit être globale, incluant plusieurs dimensions.
- Les troubles du sommeil et la charge symptomatique sont liés à des facteurs variés, dont la solitude et le mode de vie.
- La péri-ménopause est une période charnière avec des risques accrus, même en dehors des symptômes vasomoteurs.
- L’étude vise à suivre 100 000 femmes pour améliorer la prévention et la prise en charge personnalisée.
Lancée en mars 2025 sous la direction du Dr Alexandre Vallée, chef du service d’épidémiologie et de santé publique à l’hôpital Foch, à Suresnes, l’étude a été menée auprès de 4 140 participantes. « Ce que nous cherchons à faire avec CLIMATERE, c’est mieux comprendre les problématiques rencontrées par les femmes en pré-ménopause et ménopausées, afin de faire évoluer la prévention et la prise en charge de cette période de transition », explique le Dr Vallée.
Selon ces premières données, la consultation devrait intégrer plus largement le sommeil, la santé psychologique, la vie sociale et sexuelle, la silhouette, la santé métabolique et les comportements de santé, comme l’activité physique ou le tabagisme. Une femme sur quatre présente une charge symptomatique élevée, avec notamment la fatigue, l’anxiété, la baisse du moral ou les troubles sexuels. La période précédant la ménopause reste, selon l’étude, « charnière ».
Après prise en compte de l’âge, du mode de vie, des maladies associées et d’autres caractéristiques individuelles, les femmes en périménopause présentent 66 % de chances supplémentaires d’appartenir au groupe présentant la charge symptomatique la plus élevée, par rapport aux femmes non ménopausées, note le communiqué de l’hôpital Foch. Une fois la ménopause installée, ce chiffre tombe à 24 %.
Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes n’expliquent pas, à elles seules, les troubles du sommeil
Les troubles du sommeil apparaissent très fréquents pendant la périménopause : 27,3 % des femmes présentent des troubles fréquents du sommeil. Le risque de tels troubles y est environ deux fois plus élevé que chez les femmes non ménopausées.
Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes peuvent contribuer à ces troubles, mais pas uniquement. Même après prise en compte de ces symptômes, la périménopause reste associée à une hausse de 52 % du risque de présenter des troubles fréquents du sommeil. Il semble donc nécessaire de rechercher d’autres facteurs que les seuls symptômes vasomoteurs.
L’étude relève par ailleurs une redistribution corporelle plutôt qu’une augmentation du poids. La ménopause établie n’est pas associée à une hausse significative de l’IMC, mais s’accompagne d’une augmentation du tour de taille et du rapport tour de taille/taille. La prise de poids déclarée est, elle, 49 % plus fréquente en périménopause et 40 % plus fréquente après la ménopause, par rapport aux femmes non ménopausées. Les difficultés à perdre du poids sont rapportées à hauteur de +39 % en périménopause et de +41 % après la ménopause.
La solitude pourrait aggraver les symptômes
L’étude met aussi en lumière des facteurs qui ne sont pas directement liés à la ménopause. « La solitude est associée à 68 % de chances statistiques supplémentaires de présenter une charge symptomatique sévère, ainsi qu’à un score global de symptômes supérieur de 2,91 points. Le mode de vie joue également un rôle important : le cumul d’au moins trois facteurs défavorables est associé à 93 % de chances statistiques supplémentaires de présenter une forte charge symptomatique », lit-on dans le communiqué. À l’inverse, l’activité physique est associée à une moindre probabilité de présenter de nombreux symptômes.
Fort de ces premiers résultats, l’hôpital Foch appelle à faire évoluer la prise en charge de la ménopause. « Sommeil, santé psychologique, vie sociale, sexualité, silhouette, santé métabolique, activité physique ou encore tabagisme constituent autant de dimensions à prendre en compte pour mieux identifier les vulnérabilités et proposer une prise en charge adaptée à chaque femme. » Les auteurs appellent également à repérer les difficultés dès la périménopause, afin d’agir avant qu’elles ne s’installent durablement.
L’étude CLIMATERE vise à suivre plus de 100 000 femmes pendant au moins dix ans, afin de produire une cartographie nationale de la santé des femmes autour de la transition ménopausique et de développer des outils de prévention personnalisés.

