Arrêts maladie : comment les employeurs s’y prennent-ils pour les éviter ?

Pour limiter les arrêts maladie, certains employeurs misent sur la prévention des accidents et des troubles musculosquelettiques, tandis que les syndicats réclament une meilleure prise en compte de la charge de travail et du mal-être en entreprise. Le gouvernement, lui, cherche à réduire les dépenses.

Arrêts maladie : comment les employeurs s’y prennent-ils pour les éviter ?

Une prévention érigée en priorité

Damien Villemin, fabricant de fenêtres dont le carnet de commandes est bien rempli, fait tout pour qu’une absence ne vienne pas gripper la production. « Si vous avez un salarié qui est le seul à posséder une compétence, vous pouvez avoir un atelier qui est à l’arrêt et c’est catastrophique », indique-t-il.

Pour éviter ce scénario, il a mis en place un protocole strict visant à prévenir les blessures. Les bons équipements sont régulièrement réexpliqués aux salariés. Au-delà de 30 kilos, par exemple, le palan doit être utilisé, et des chariots permettent de déplacer les vitrages, qui peuvent être lourds. « Ça marche super bien, parce qu’on a très peu d’arrêts liés au port de charge et aux troubles musculosquelettiques », détaille-t-il.

Syndicats et gouvernement, des priorités différentes

Du côté des syndicats, la réponse passe par un renforcement de la prévention et une action sur les causes du mal-être au travail. Lydie Nicol, secrétaire nationale de la CFDT, décrit ce que remontent ses équipes : « Ce que nous, on constate, et que nos équipes nous remontent, c’est une intensification de la charge de travail, c’est de l’anxiété face à l’arrivée de nouvelles technologies qui ne sont pas accompagnées ».

Le gouvernement souhaite réaliser 2 milliards d’euros d’économies et suggère de moins rembourser les arrêts maladie de courte durée, qui ont coûté 408 millions d’euros l’an dernier. Les négociations entre syndicats et patronat ont débuté, et les partenaires devront rendre leur copie le 19 décembre. Pour approfondir la question de l’absentéisme au travail, on peut consulter l’étude du ministère du Travail.