Heure d’été ou heure d’hiver : laquelle préserve le mieux notre santé ?

Le 25 octobre 2026, la France repassera à l’heure d’hiver. Alors que de nombreuses voix scientifiques réclament l’abandon de ce changement semestriel, une question se pose : vers quelle heure permanente faudrait-il alors se tourner ?

  • L’heure d’hiver préserve la lumière du matin, essentielle pour le rythme circadien.
  • Le passage à l’heure d’été déplace le lever du soleil, nuisant à la synchronisation biologique.
  • Les risques pour la santé incluent des troubles de l’humeur, du sommeil et une vulnérabilité accrue chez certains groupes.
  • Le choix entre heure d’été ou d’hiver implique un compromis entre loisirs, activités sociales et santé.

Heure d’été ou heure d’hiver : laquelle préserve le mieux notre santé ?

Des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique, au Canada, estiment que les deux options présentent chacune des avantages et des inconvénients. « L’heure d’été permet de prolonger les soirées, ce qui peut favoriser les loisirs, les activités sociales, les déplacements domicile-travail (à vélo)… Mais cela décale aussi le lever du soleil d’une heure, laissant ainsi davantage de personnes se réveiller, se rendre à l’école ou au travail dans l’obscurité en hiver. L’heure d’hiver préserve davantage la lumière du matin et l’aligne sur le rythme circadien humain, même si la nuit tombe plus tôt ».

Pourquoi la lumière du matin est cruciale

Les principales organisations spécialisées dans le sommeil et la chronobiologie recommandent l’adoption permanente de l’heure d’hiver. Leur principal argument repose sur le fonctionnement de notre horloge interne, ou rythme circadien, qui se synchronise surtout grâce à la lumière, en particulier celle du matin.

Le Dr Ralph Mistlberger, professeur de psychologie à l’Université Simon Fraser de Vancouver (Canada), résume ce mécanisme : « Nos horloges biologiques ont besoin de lumière le matin pour rester synchronisées avec le jour de 24 heures. » Et d’ajouter : « L’heure d’été permanente repousse le lever du soleil d’une heure, privant justement la population de cette lumière matinale essentielle au moment où les matinées d’hiver sont déjà les plus sombres. »

Les impacts sur le sommeil, l’humeur et la santé

Les conséquences de ce décalage ne sont pas anodines. Selon les auteurs, 1 % à 3 % de la population souffre de trouble affectif saisonnier, tandis que 15 % ressentent des variations saisonnières plus légères de l’humeur, du sommeil, de l’appétit et de l’énergie.

Certains groupes sont particulièrement vulnérables. Les enfants et adolescents voient leur horloge de sommeil se décaler naturellement vers des couchers plus tardifs à la puberté, alors que l’école commence tôt. Les travailleurs à horaires matinaux, ainsi que ceux qui travaillent en 2 x 8 ou en 3 x 8, sont également concernés.

Les auteurs reconnaissent que le passage permanent à l’heure d’été présente des avantages, car des soirées plus longues peuvent faciliter les activités physiques et les sorties entre amis. « Mais ces avantages doivent être mis en balance avec les données qui établissent un lien entre le passage à l’heure d’été et une diminution du sommeil, une baisse de la productivité et des résultats scolaires moins bons », concluent-ils.